Charleroi Deux ans de prison pour le principal prévenu qui épluchait les nécrologies.

Ils étaient six à être jugés, ce lundi, par le tribunal correctionnel de Charleroi pour une série de cambriolages commis dans la région. Le Iannis H. était manifestement le fer de lance de cette bande puisqu’on lui reproche, à lui seul, d’avoir détroussé cinq défunts en s’introduisant dans leur habitation entre 2012 et 2016. "Sa technique était simple : il épluchait les annonces nécrologiques dans les journaux et profitait du fait que la maison était vide pour s’y introduire par effraction et voler. Il avait également un filon pour les personnes hospitalisées", a expliqué le substitut Vervaeren lors de la dernière audience.

Le 5 décembre 2012, la police a surpris Iannis, Izzet et Alessio en flagrant délit de vol dans une habitation de Courcelles. "Une voisine a entendu que l’on défonçait une porte et a vu Izzet qui faisait le guet. Il a même imité des bruits d’oiseau pour prévenir ses complices. Dans la poche de Iannis, on a retrouvé un papier avec quatre adresses. Et devinez quoi : les quatre occupants venaient justement de mourir. Deux jeunes femmes qui ont agi avec lui à plusieurs reprises sont en aveux. Elles expliquent qu’elles lui servaient de chauffeur ou de guetteur en échange de paquets de cigarettes, d’un plein d’essence ou d’un peu d’argent. Il y avait donc bien un système élaboré mis en place par le principal prévenu."

Au terme de son réquisitoire, le substitut Vervaeren a requis 3 ans de prison pour Iannis et 18 mois pour Hovik, un autre prévenu dont le casier judiciaire fait déjà 6 pages. Izzet, défendu par Me Turk, a sollicité l’acquittement pour le vol de Courcelles. "On revenait de soirée et Iannis m’a donné une adresse à introduire dans le GPS", a-t-il expliqué. "C’était trop loin, alors j’ai refusé de l’y conduire. On s’est finalement arrêté près du parc à Courcelles pour fumer une cigarette. Iannis s’est absenté et puis, la police est arrivée…"

Des déclarations jugées invraisemblables par le tribunal a qui a finalement condamné Iannis à 2 ans de prison ferme et octroyé une simple déclaration de culpabilité, vu le dépassement du délai raisonnable.