Charleroi "Le bus à haut niveau de service, c’est une mauvaise idée", selon Philippe Charlier


Si le projet de bus à haut niveau de service (BHNS) fait l’unanimité au sein du collège communal de Charleroi, il divise manifestement le CDH. Administrateur au Tec et président d’arrondissement, Philippe Charlier estime que ce n’est pas une bonne idée.

Pour l’affirmer, il s’appuie sur l’étude de mobilité de Charleroi confiée au bureau Transitec. L’expert avance ainsi qu’à court terme, sans le projet de Trident pour désengorger la N5 à l’entrée sud de la ville, la réduction du trafic est quasi impossible. Or, la réalisation du trident est largement remise en cause, observe Charlier.

Pour lui, la mise en service du BHNS est prématurée. "Et elle va coûter près de 70 millions d’euros. Rien que pour le réaménagement de la N5 et de l’avenue Pastur en direction de Bomerée, une enveloppe de 53 millions a été réservée. Ce qui représente l’équivalent du coût de l’achèvement du métro vers Châtelet et Gilly, sur l’antenne est. Le futur Grand Hôpital de Charleroi (GHdC) est en construction sur le site des Viviers, il s’agira de la plus grosse infrastructure de santé de la région. Et contrairement au CHU Marie Curie, elle ne sera pas desservie par le métro à son ouverture en 2022, faute de moyens."

L’administrateur du TEC est sceptique quant au succès du BHNS : aucun budget n’est prévu pour créer des parkings de persuasion qui favoriseraient un changement de comportement. Les usagers n’auront donc pas la possibilité de se garer pour pouvoir embarquer dans une rame et rejoindre le centre-ville. Une aberration quand on sait que Charleroi a accepté la construction d’un parking de 900 places en dessous de Rive Gauche.

Philippe Charlier pointe d’autres erreurs dans les choix stratégiques du Tec. Notamment la rénovation des vieux trams en service, un point pour lequel le CDH s’est abstenu lors du conseil d’administration du 12 décembre 2016. Selon lui, il faut avoir plus d’ambition et remplacer ce matériel vétuste. En 2016, un usager du Tec sur trois a utilisé le métro.