Charleroi Après les prestations de serments, débats houleux au conseil communal.

Pour sa séance d’installation, le conseil communal de Charleroi n’a pas manqué d’attirer la foule : de badin pour les prestations de serments avant la présentation du projet de ville issu du pacte de majorité, le ton a viré à l’aigre au moment d’aborder la question de la composition des cabinets du collège.

La nouvelle tripartite PS-C+-Ecolo a en effet dû faire face aux assauts d’une opposition démontée, forte de 18 élus. Quatre fois plus que sous la précédente mandature. C’est le chef de groupe MR Nicolas Tzanetatos qui s’est montré le plus virulent, accusant Xavier Desgain d’avoir retourné sa veste en matière de transparence.

Pas du goût de sa colistière Stéphanie Lorent, qui a hérité de la présidence du conseil. Elle a rappelé que les attaques personnelles n’étaient pas les bienvenues dans les débats. Comme les huées d’ailleurs, que le public a réservé à certains élus.

Selon Germain Mugemangango du PTB, c’est sur le dos de la démocratie -que la coalition de Paul Magnette renforce certains cabinets politiques. Car dans le même temps, on supprime l’aide aux groupes (y compris de la minorité) qui était octroyée sous forme de mise à disposition de personnel. Les cabinets de la Première échevine Julie Patte (PS), d’Eric Goffart (C+) et de Xavier Desgain gagneront une unité. Pour Tzanetatos, la Ville sous contrat de gestion galvaude l’argent des contribuables.

Pour sa part, Sofie Merckx (PTB) délivre un zéro pointé en transparence : aucune note n’a été transmise sur ce point controversé, alors que le règlement d’ordre intérieur du conseil l’impose. Le MR et DeFi l’ont aussi déploré. Ça commence bien.

Autre point d’achoppement : la présentation par le bourgmestre Paul Magnette du projet de ville issu du pacte de majorité. Là encore, le MR et le PTB en ont fait une question de respect de la procédure et du règlement du conseil communal.

Cette présentation peut se faire dans les trois mois, elle ne présente aucun caractère d’urgence. Mais symboliquement, elle devait être faire au moins succinctement, comme s’y est employé le bourgmestre en soulignant les quatre axes autour desquels s’articule toute la feuille de route : inclusion, durabilité, équilibre du territoire et participation. Le débat viendra ultérieurement. Rendez-vous est pris pour la prochaine séance publique, dans deux semaines. On y adoptera aussi le budget. Ça promet.