Charleroi La Ville craint un dépassement budgétaire important pour l’intercommunale Tibi.


À Charleroi, la mutualisation de la propreté a fait l’objet d’un conflit de paternité entre le bourgmestre Paul Magnette et l’échevin de tutelle MR Cyprien Devilers : les deux hommes se disputent en effet la conception et la mise en œuvre du projet. Mais une autre guerre s’annonce : celle des chiffres.

Quelques semaines après le lancement de l’activité par l’intercommunale Tibi, la Ville en vient à craindre une explosion des coûts. Un dépassement de plusieurs millions est avancé. "Aucun chiffre n’est encore établi, nous attendons une estimation précise", observe Paul Magnette.

C’est un fait : l’efficacité du transfert des missions est indéniable. L’intra-ring est plus propre. Quant aux autres districts, le balayage mécanisé donne entièrement satisfaction. Mais l’ardoise pourrait être salée.

À ce propos , le directeur général de Tibi tempère. Selon Olivier Bouchat, il n’y aura pas d’augmentation à moyen ni long terme, en raison des économies que dégagera l’extension de la mutualisation du service dans des communes périphériques. "À ce stade, Charleroi est la seule commune à recourir à l’intervention de Tibi. Elle supporte donc l’intégralité des charges liées au démarrage, ainsi que les frais fixes comme l’équipe d’encadrement, l’achat d’équipements spécifiques, la location de bâtiments. Les choses changeront progressivement."

Par rapport aux dépassements de coûts, Olivier Bouchat dit avoir établi un budget prudent, faute de données financières. "Ce budget sera actualisé au terme d’un trimestre complet d’activité, fin juin. Cela clarifiera les choses." Selon lui, l’extension du périmètre d’action de Tibi dans l’ensemble des métiers de la propreté pourrait s’effectuer plus rapidement que prévu. Tout pourrait être prêt pour la rentrée de septembre 2019.

Le bourgmestre le conçoit : le projet vient de se mettre en place, on est encore dans une phase de test, d’expérimentation. Il faut en affiner le fonctionnement, peut-être en élargir le périmètre. Par exemple, Paul Magnette pense à une extension dans le quartier de la Villette derrière la gare du Sud.

À la perspective d’un surcoût, il oppose cette analyse : par rapport à d’autres métropoles wallonnes, Charleroi est plutôt bonne élève en matière de gestion budgétaire. Il n’en reste pas moins que le contexte de déficit structurel dans lequel évolue la ville, avec 15 à 20 millions de manque à gagner par an, ne facilitera pas les choses.