Charleroi

Le logement a beau être un droit, et une préoccupation commune aux États membres, il n’en reste pas moins l’un des parents pauvres de l’Europe.

Dans un rapport d’initiative adopté le mois dernier par le Comité des régions où il siège depuis 2015, Hicham Imane (PS), qui y représente la Wallonie pour son parti, a plaidé pour lui donner plus de place et plus de cohérence dans les politiques économiques, sociales et environnementales menées au niveau européen.

D’une durée de cinq ans, le mandat est dérivé de son élection comme conseiller communal à Charleroi en 2012. "En tant que président de la Sambrienne, qui est la plus grosse société publique de logements de Wallonie, j’ai intégré la commission de la cohésion territoriale et du budget qui aborde cette matière."

Hicham Imane y a porté son projet pendant un an. Il a été longuement discuté et débattu au sein de la commission avant sa présentation en plénière, face à la commissaire à la Concurrence Margrethe Vestager.

Il explique : "J’y ai pointé trois préoccupations qui me semblent fondamentales : la rénovation et la transition écologique du logement public, l’accès à la propriété pour tous et le financement européen des investissements en matière de logement." Pour l’élaborer, il s’est appuyé sur l’expertise de Housing Europe, qui regroupe tous les opérateurs immobiliers publics de la Communauté.

"Nous devons nous préparer à relever les défis qui se profilent à l’horizon 2020-2022, insiste-t-il. À commencer par la rénovation de notre patrimoine immobilier, souvent vétuste, et où des locataires dépensent plus d’argent pour se chauffer qu’en loyer, parce que leurs logements sont énergivores. C’est le cas à la Sambrienne, où des ventes de biens ont été amorcées pour permettre à des locataires d’acheter l’appartement ou la maison qu’ils occupaient depuis des années."

L’initiative a inspiré d’autres sociétés de logements de Wallonie. Autre problématique : ce qu’il appelle "les pièges à l’emploi". Le revenu est en effet pris en compte dans le calcul du loyer. C’est ainsi qu’un chômeur qui accepte un travail intérimaire va voir le coût de son logement augmenter sensiblement. "Nous pensons que le calcul du loyer doit se faire une fois par an, c’est le sens de l’un des éléments du rapport."

Ce dernier demande aussi que le terme "logement public" remplace logement social, plus péjoratif. Le rapport a valeur de résolution. Il appartient à présent aux États de s’en saisir.

D.A.