Charleroi Le dossier est en voie de finalisation, une enquête publique est en vue.


On en parle depuis deux ans : le bus à haut niveau de service (BHNS) est la solution de transport préconisée pour desservir le sud de Charleroi, tant sur l’axe de la N5 à destination du Bultia que sur la RN53 - l’avenue Paul Pastur - vers Bomerée via Mont-sur-Marchienne.

Le projet repose en grande partie sur des aménagements routiers. Et c’est là que ça coince : certaines propositions retenues dans l’étude stratégique (lire ci-contre) inquiètent commerçants et riverains, singulièrement sur la RN53. Et jusqu’ici, aucune concertation avec les citoyens n’a été organisée.

L’information nous a été confirmée à bonne source : une demande de permis sera bientôt introduite, le dossier est en voie de finalisation.

Quel impact sur la mobilité, le stationnement, l’activité économique, la sécurité, le report de charges sur les quartiers périphériques ? Chaque fois que la création du BHNS a été abordée au conseil communal, le bourgmestre a botté en touche et renvoyé vers la Région wallonne : un comité technique constitué par les acteurs du projet a été mis en place, indique-t-on au cabinet du ministre wallon de la Mobilité Carlo Di Antonio (CDH). Il associe à l’OTW (Nouvel opérateur dutTransport de Wallonie qui regroupe les cinq sociétés Tec et la SRWT) les communes impactées (Charleroi, Gerpinnes, Montigny-le-Tilleul et Ham-sur-Heure/Nalinnes) ainsi que la direction des Routes du SPW (DGO1).

Dès que la demande de permis aura été officiellement déposée, une enquête publique sera lancée pour une durée d’un mois. Avant les élections communales ? Pas sûr vu le caractère politiquement sensible. En tout état de cause, la loi prévoit une suspension entre le 16 juillet et le 15 août, période de départs en vacances. À la clôture, il appartiendra à l’administration d’octroyer ou non le permis, le ministre de tutelle étant l’autorité de recours.

Dans le cadre de sa campagne électorale, Paul Magnette a programmé une rencontre citoyenne le mardi 19 juin en soirée au centre culturel de Mont-sur-Marchienne. Si le BHNS n’est pas l’objet de cette réunion, il en sera question. Débats agités en perspective.

"Non à la mise en sens unique de l’avenue Pastur"

Dans une étude stratégique remise en juin 2017 (voici un an) à la demande de l’ex SRWT, le trajet sur la RN53 a été découpé en dix zones : c’est la recommandation de mise à sens unique partiel d’un tronçon de 800 mètres en entrée de ville qui suscite l’opposition la plus vive. Des calicots ont fleuri aux façades et grilles de nombreuses propriétés. "Des commerces - notamment la concession Audi - vont voir leur activité fortement perturbée", dénonce un habitant de la rue Albert Ier. "Dans le sens descendant, cet aménagement va reporter la charge automobile sur la bretelle A503 par la rue du Beau Site. Et cette liaison autoroutière est déjà saturée aux heures de pointe !"

L’étude stratégique indique que "la création de sites propres de BHNS est impossible dans le centre de Mont-sur-Marchienne".

Les difficultés de circulation rencontrées par les bus sont également identifiées : problèmes aux heures de pointe à hauteur de l’hypermarché Carrefour à Bomerée, traversée du centre de Mont-sur-Marchienne délicate en raison de livraisons fréquentes en double file, accès au centre urbain ralenti. Selon l’étude, "la suppression de la totalité du transit sur la RN53 pourrait pénaliser fortement l’attractivité commerciale. Par contre, si on limite cette suppression de transit à l’entrée de ville, c’est-à-dire dans la partie basse, cela est acceptable."

Ecolo estime qu’il faut associer largement les riverains à l’élaboration du projet. "Dans ce contexte, nous plaidons pour des investissements routiers limités, utilisant d’abord le marquage au sol donnant la priorité aux bus, et pour des cheminements piétons et cyclistes sécurisés sur la N5 et la N53 et dans les quartiers qui les bordent", insiste Xavier Desgain.