Charleroi

Après les travaux de réfection, le ring sera une œuvre artistique monumentale.

Grâce à un traitement en profondeur, le ring est maintenant comme neuf. Avec la campagne de rénovation, la Ville de Charleroi a tenu à se concentrer également sur le ring qui entoure et surplombe la cité.

Mis en fonction en 1976, la ceinture de Charleroi a subi d’importantes transformations.La Région Wallonne, qui a diligenté les travaux du ring, a refait toutes les surfaces routières avec la pose d’un nouveau revêtement et de nouvelles barrières de sécurité.

Cette semaine, la SOFICO procédera à un nouveau traitement de la chaussée au niveau des joints de dilatation. Ces travaux de réfection sont destinés à sécuriser et renforcer les espaces aériens du ring.

La ceinture de Charleroi possède différentes caractéristiques qui rendent l’ouvrage unique. D’abord, il est inclu dans la ville et a totalement transformé la perception de celle-ci en s’imposant dans nos champs de vision quotidiennement.

Afin de l’intégrer au mieux, le cabinet d’architecture a remporté un appel d’offres pour proposer un impressionnant travail d’embellissement des espaces sous le pont du côté Marcinelle de la gare de Charleroi. Julien Dailly, responsable du projet pour le bureau d'architecte Réservoir A, explique le choix d’une collaboration avec l’artiste Jean Glibert. Ensemble, ils ont repensé la vision et la perception des volumes massifs sous les ponts.

Ces endroits sont souvent pris pour des zones de "non-droit". Le sentiment d’insécurité et l’insalubrité contrastaient fortement avec le dessus rénové du ring.

Les piliers et les côtés suspendus du pont ont été peints en couleur bronze et rouge. Une infrastructure inédite et adaptée a été spécialement conçue pour aider à la tâche colossale. La mission première était de ne pas perturber outre mesure les déplacements des Carolos aussi bien sur le ring que sous le ring. La fin est prévue en novembre prochain.

Beaucoup de personnes qui empruntent le petit ring de Charleroi se sont demandé ce qu’était la structure bleue enjambant la chaussée depuis quelques mois. La réponse vient du service des routes : il s’agit d’un échafaudage destiné à peindre les côtés et le dessous du pont. Il a été pensé et spécialement conçu pour minimiser l’impact sur le trafic routier et ferroviaire de la gare située juste en dessous.

M. Sébastien Houdart, directeur des routes, a eu la lourde tâche de superviser l’ensemble du chantier, même si celui-ci a une vocation artistique avant tout.

L’échafaudage en surface a-t-il été spécialement conçu pour le projet, et qu’a-t-il de particulier ?

"Il s’agit en effet d’un échafaudage particulier créé pour le projet. En effet, les accès par le bas sont limités du fait de la présence des voies de chemin de fer. Il permet donc de travailler au-dessus du domaine Infrabel en sécurité, en limitant le nombre de coupures de voies nécessaires (éviter les risques électriques liés à la présence de caténaires pour les ouvriers qui travaillent, et éviter les risques de chutes d’objet pour les usagers qui circulent en dessous). Ce portique va se déplacer sur des rails et sera constitué d’éléments mobiles qui s’ouvrent et se ferment selon les obstacles à franchir."

À combien s’élèvent ces travaux ?

"La protection anticorrosion se chiffre globalement à 4,5 millions HTVA. Il faut savoir que la remise en peinture est dictée par des impératifs techniques de protection des structures. L’aspect esthétique n’est donc qu’un plus : tant qu’à remettre en peinture, autant que cela soit sympa."

Est-ce une première pour un ring urbain ?

"Charleroi est-elle pionnière dans ce domaine en B elgique ? Disons plutôt que les structures de travail se ‘décloisonnent’. Il y a quelques années, les techniciens se seraient certainement limités à faire du purement technique, sans se soucier des demandes de la Ville en termes esthétiques. Or, dans un cas comme celui-ci, je pense que c’est un plus pour la ville d’intégrer le ring. La collaboration avec la Ville a été particulièrement bonne dans ce dossier, tant en préparation que lors de l’exécution. Il en est de même, par exemple, avec les glissières de sécurité ou les poteaux d’éclairage, qui sont des modèles spéciaux développés spécifiquement pour le projet après des discussions avec la Ville. Combien cela représente-il de litres de peinture ? Presque 65.000 m² de structure à repeindre."

Quelles sont les principales difficultés d’un tel ouvrage ?

"Les difficultés d’accès, à combiner aux impératifs de sécurité, sont les plus grandes. En effet, le ring passe presque toujours au-dessus d’une voie de communication (chemin de fer, route, Sambre…). Or, il faut perturber le moins possible ces voies de communication. Les accès par le dessous ne sont donc pas toujours possibles et il faut par conséquent intervenir par-dessus, en mettant en place des échafaudages suspendus ou des portiques. Et tout cela doit se faire en garantissant la sécurité des travailleurs et des usagers des voies de communication."

F.Ng.