Charleroi La société de logements vient de sortir son rapport de gestion 2017.


Le 13 juin prochain, le président de la Sambrienne Hicham Imane (PS) clôturera sa cinquième année de mandat. Retour sur les événements marquants de l’an dernier.

L’exercice se clôture sur un résultat en déficit de 620.000 euros. Comment l’expliquez-vous ?

"D’une part, nous avons amorti 3,9 millions liés à nos investissements. Et on n’a pas fini de rénover : alors que des travaux sont en cours sur 6 chantiers pour un total de 22 millions, nous avons des projets à l’étude pour un total de 25 autres. D’autre part, l’inscription de créances locatives en réduction de valeur est venue plomber nos comptes. Nous avons fait un trait sur près de 900.000 euros d’arriérés de loyer."

Combien de locataires sont en retard de paiement ?

"Plus de 1.600, mais nous en avons diminué le nombre de moitié par rapport à 2015 grâce à des mesures préventives et un accompagnement. Il faut savoir que 49 % de nos locataires ont des revenus inférieurs à 15.000 euros bruts par an."

Quelle est votre priorité pour l’avenir ?

Améliorer la qualité de vie dans l’ensemble de nos quartiers. Pour cela, notre action s’articule sur trois axes : propreté, sécurité et voirie. En 2017, nous avons effectué 39 opérations de nettoyage des sites, où 139 tonnes d’encombrants ont été ramassées. Au-delà, il faut éduquer les habitants de nos cités au respect de leur environnement. Deuxièmement, au-delà de la mise en conformité aux normes incendie, nous sécurisons les accès à nos bâtiments pour qu’on n’y entre plus comme dans un moulin. Enfin, nous négocions avec la Ville la reprise des routes qui desservent nos quartiers, pour un meilleur entretien. Cela représente quand même 19 km de voirie !"

La vente de biens immobiliers, ça fonctionne ?

"Dans l’ensemble, oui, très bien même ! C’est une façon d’ouvrir l’accès à la propriété à nos locataires et de générer des recettes pour financer nos projets de construction. L’an passé, 73 maisons unifamiliales ont été vendues, et acquises dans près de 70 % des cas par d’anciens locataires. La Sambrienne s’occupe aussi de la vente de logements neufs. Dans ce cadre, la promotion de l’éco-quartier des Closières est un échec. Seules trois maisons ont trouvé preneur en 2017, alors qu’elles sont finies depuis plus de deux ans. Cela montre l’importance de bien étudier le marché pour adapter les prix."

Polémique autour des logements inoccupés

Les inoccupés restent le caillou dans la chaussure de la société de logements de service public. Leur nombre dépassait les 1.100 l’an dernier, alors que la liste d’attente comptait 4.281 candidats locataires.

Selon le président, les procédures d’attribution expliquent ce décalage. "Il faut en effet distinguer les vrais inoccupés des biens inoccupables, en raison de leur mauvais état ou de travaux de rénovation. On retombe alors à un chiffre plus raisonnable de 678, ce qui représente 7 % du patrimoine locatif. Dans la pratique, les procédures d’attribution sont longues, insiste Hicham Imane. Notre comité interne se réunit deux fois par mois. Un logement attribué n’est pas forcément accepté. Le candidat a le droit de refuser, il faut alors repartir à zéro, et réattribuer."

Si l’on y ajoute le délai de deux mois qui s’écoule entre la première visite et la remise des clés - le temps de calculer le loyer, dresser l’état des lieux, rédiger le bail -, on arrive vite à quatre ou cinq mois de "chômage" durant lesquels l’habitation est vide. "La Sambrienne n’en porte pas la responsabilité, nous nous conformons à la loi. C’est cette loi qu’il faut réformer si l’on veut raccourcir les délais."

Tous les mois, près de 80 logements sont attribués en moyenne. Il s’agit dans la toute grande majorité d’habitations sociales, les logements moyens ne représentant même pas 4 % du total. En 2017, près de 800 ménages ont aussi demandé des mutations, en raison de l’évolution de leur composition.