Charleroi Présentation du rapport financier annuel complet au conseil communal.


Depuis mars 2014, les communes sont tenues de soumettre à l’avis motivé de leur directeur financier l’ensemble des décisions dont l’incidence dépasse 22.000 euros HTVA. À Charleroi, 1.042 avis de légalité ont été sollicités en 2017 : 85 % d’entre eux ont reçu un avis favorable. Entre le 1er janvier et le 31 décembre, l’urgence a été sollicitée pour plus d’un tiers des dossiers (35,80 %).

Dans le rapport complet annuel qu’il vient de présenter au conseil communal, le directeur financier Eric Wartel détaille les comptes annuels de 2017. Si ceux-ci présentent un boni de 0,9 million à l’exercice propre, le résultat cache un déficit structurel récurrent : l’équilibre n’est en effet atteint que grâce à un prêt exceptionnel de 13,5 millions de la Région wallonne.

En matière de trésorerie, la situation reste tendue : les comptes sont dans le rouge sept mois sur douze. L’émission de bons de trésorerie à court terme permet de financer les besoins à moindre coût. La facture annuelle tourne autour de 21.000 euros, pour l’emprunt d’un total cumulé de 353 millions.

Si le fonds des communes constitue la première source de recettes (155,8 millions, soit 39 % du budget), Charleroi souffre d’un déficit de rendement de ses additionnels à l’IPP et au précompte immobilier. Ils ne rapportent que 447 euros par habitant par an, contre 521 en Wallonie et 602 à Namur, Liège et Mons. Les taxes et impôts locaux sont moins rentables aussi : 153 euros par an par habitant, contre 206 pour le cluster des grandes villes avec Liège, Mons et Namur.

La zone de police , le CPAS et la zone de secours (pompiers) coûtent en revanche plus cher à Charleroi qu’ailleurs : la Ville y a consacré 164,5 millions l’an passé, ce qui représente une dépense totale de 593 euros, 27 % de plus que la moyenne des grandes villes, et le double de la Région wallonne. Le taux d’endettement pour les investissements (voirie, bâtiments, infrastructures) est, quant à lui, nettement inférieur à ce qu’il est à Liège par habitant. On est à la moitié.

À Charleroi, les dépenses de fonctionnement sont en dessous des normes : elles représentent un peu moins de 10 % du budget, 194 euros par citoyen par an, contre 200 ailleurs. La rentabilité moindre des taxes locales n’a pas empêché Charleroi de supprimer la redevance accueil temps libre, et de se priver ainsi d’une recette de 1,2 million en 2015.