Charleroi Ils se sentent abandonnés. Pour ne pas dire carrément méprisés. Les habitants du Roctiau à Montignies-sur-Sambre n’ont toujours pas avalé la pilule de la fermeture de leur maison de quartier. Depuis 2001, les activités allaient en décroissant et c’est en 2014 que le couperet est tombé : "Après plusieurs démentis de la Ville, on nous a conviés à une sorte de goûter d’adieu, un peu avant Noël", se souvient Etelvina. "Depuis, le lieu nous est inaccessible. Il en faut toutefois plus pour nous décourager. Au Roctiau où l’on a la tête dure, on continue à croire à sa réouverture."

La politique de participation dont se targue Charleroi ne serait-elle qu’un faux-semblant ? Yoan, qui n’a jamais quitté le Roctiau, en est persuadé. D’autant que la nomination du comité de quartier aux Publica Awards 2017 "n’a pas suscité le moindre intérêt" des membres du collège.

L’histoire de la maison de quartier et de sa population remonte à plusieurs décennies. "Longtemps, la Ville y a organisé des activités pour tous : école de devoirs, cours de cuisine, danse, sport, alphabétisation, goûters de seniors", évoque Dominique. "Nous avons de l’énergie et des bonnes volontés pour la remettre en route. Mais on a le sentiment qu’à Charleroi, les projets citoyens se conçoivent sans les citoyens", ajoute Yoan.

Au Roctiau, le plaisir de partager des activités entre voisins est tenace. "Nos fêtes de quartier rassemblent, notre groupe Facebook compte plus de 160 membres. Nous rêvons d’un espace citoyen qui pourrait être celui de la Porte Est de Charleroi, comme il en existe un à la Porte Ouest. Nous déposerons dans ce sens une demande d’interpellation au conseil communal. Notre prochain rendez-vous est fixé en août pour une grande auberge espagnole des voisins : chacun apporte des plats, des boissons et les partage avec les autres. On adore ça !"