Charleroi

Le parquet requiert deux ans de prison avec sursis contre le Fleurusien.

Maurice (prénom d’emprunt) avait 57 ans lorsqu’on l’a licencié de l’usine Caterpillar, en 2014. A son âge, retrouver un emploi relève quasi du miracle, ce qu’a bien compris cet habitant d’Heppignies. A la maison, ce n’était pas folichon non plus. Son épouse travaillait de nuit et dormait le jour pour boucler les fins de mois. Inutile de dire que leur vie intime se résumait à une peau de chagrin.

Alors, Maurice s’est isolé derrière son ordinateur, surfant tout d’abord sur des « chats » de rencontre, puis sur des sites pornographiques. Le quinquagénaire s’est enfoncé de plus en plus dans les tréfonds d’Internet pour télécharger des images de « teens », bref, d’adolescentes dans des positions plus que suggestives.

C’est grâce aux gestionnaires américains de la plateforme de « chat » que les forces de l’ordre carolorégiennes ont été mises au courant. Maurice avait envoyé quelques photos à caractère pédopornographique à une internaute, ce qui l’a fait apparaître sur les radars. « Une perquisition a été menée chez lui, ce qui a permis de découvrir 21 images de ce type. Consulter de la pornographie n’est pas illégal, mais lorsque des mineurs sont impliqués, cela le devient. Il faut se rendre compte que derrière ces clichés ou ces vidéos, il y a des victimes. L’une d’elles a d’ailleurs pu être identifiée », a précisé le parquet qui requiert 2 ans de prison avec sursis probatoire pour Maurice.

Du côté de la défense, Me Buffa a rappelé le cataclysme que cette interpellation avait déclenché au niveau familial. « Heureusement, son épouse a compris qu’il n’était pas comme ça et le soutient depuis le début », explique l’avocate qui souligne que, pour certaines vidéos, il était difficile de discerner si les jeunes filles étaient mineures. « Mon client suit à présent une thérapie ainsi qu’une formation qui lui permet de ne plus être tout le temps derrière son PC. Aujourd’hui, la situation a totalement changé ».

C’est donc une suspension probatoire qui a été plaidée par la défense. Jugement le 1er octobre.