Charleroi Après 12 ans de mandat, le conseiller communal MR de Charleroi ne se représentera plus. Il en profite pour vider son sac.


Et de deux. Après Jean-Pierre Deprez, c’est le conseiller communal Maxime Sempo qui jette le gant. "J’arrête la politique à la fin de mon mandat", annonce-t-il. Officiellement pour des raisons professionnelles : "Mon job dans le privé ne me permet plus de concilier les deux."

Mais on sent bien derrière une accumulation de frustrations et de rancœurs (lire ci-contre). S’il entend achever son mandat par loyauté pour ceux qui l’ont élu, sa décision est prise.

"Chaque jour , je consacre en moyenne trois heures à la politique." C’est trop. En plus du conseil communal, Maxime Sempo est administrateur de deux intercommunales (Igretec et ICDI). Il est aussi commissaire du gouvernement pour Infrabel, un mandat qu’il a directement obtenu de son parti. Auquel il reste fidèle et profondément attaché, même s’il en a gros sur le cœur.

C’est à l’âge de 18 ans qu’il rejoint le MR. Il en devient président des jeunes jusqu’en 2011, puis gagne ses premiers galons de conseiller communal. Jumétois, il est très impliqué dans la vie associative et sociale, ce qui va l’amener à intervenir plusieurs fois dans des dossiers locaux. Sous la précédente mandature, il se porte candidat à la succession de l’échevin Alain Eyenga que le MR veut écarter du collège, dans le cadre d’une affaire dont l’intéressé sortira acquitté.

C’est la désillusion : alors que son score en voix de préférence est supérieur à celui de Cyprien Devilers, il n’obtient la confiance que de 4 membres de la section de son parti. Sur 12. "Mais je ne suis pas franc-maçon", sourit-il. Il le revendique : "Je ne dois rien à la politique. Pour moi, ce n’est pas alimentaire."

Son départ fracassant n’en est pas moins lourd de sens. D’autant qu’il n’a pas jugé utile d’en informer le MR avant d’en parler à la presse.

La campagne s’annonce pleine de rebondissements.

"Tzanetatos est là par opportunisme"

- Maxime Sempo, votre départ est lié à l’absence de perspectives de carrière au MR de Charleroi ?

"Pour moi, concilier vie professionnelle et politique est devenu impossible. Et je ne suis pas un profiteur de la politique, je ne me vois pas toucher des jetons de présence sans m’investir pleinement dans mes mandats. Ma décision est mûrement réfléchie : j’arrête!"

- Pourquoi, il y a des profiteurs au MR ?

"Un gars comme Nicolas Tzanetatos est juste là par opportunisme. Être à la fois député, président de l’ISPPC et avocat, c’est trop. Au conseil communal, je le vois parfois préparer des dossiers de son cabinet d’avocats. Pour dire à quel point il s’intéresse au conseil communal, il m’a confié un jour n’avoir jamais été consulter un seul dossier avant la séance. Et ça faisait trois ans qu’il était élu!"

- C’est grave ce que vous dites…

"Je ne pense même pas qu’il soit attaché aux valeurs libérales. Il n’était pas membre du parti quand il y est arrivé, contrairement à son père, son frère et sa sœur. Quand la question de ma succession à la présidence des jeunes MR s’est posée en 2011, Olivier Chastel m’a annoncé qu’il avait trouvé un candidat. Ce n’était pas Julien Paquet qui a été désigné, mais Nicolas Tzanetatos... Ce dernier n’a même pas payé ses cotisations au parti pour 2016, il est député et président d’intercommunale. Quant à son implication dans la vie de Jumet, elle est quasiment nulle : je ne le vois jamais à aucune activité."

- Vous avez un problème avec lui ?

"Il y a eu de nombreuses prises de becs. Alors qu’il a été désigné comme représentant du MR en réunions de chefs de groupe, il ne nous a donné aucun feed-back jusqu’en septembre 2015. Il y a un manque de concertation en interne : nous apprenons certaines décisions par la bande, comme par exemple les changements d’heures pour la tenue des commissions préparatoires au conseil communal, des sujets d’interpellations. Il y a un vrai manque de concertation dans le parti à Charleroi. Je regrette le temps de Jean Finet et d’Etienne Knoops avec lesquels on pouvait débattre de tout."

- Allez-vous quand même soutenir la liste ?

"Je soutiendrai Cyprien Devilers qui sera le candidat de tête."

- Et le 51e Olivier Chastel ?

"C’est un bon président de parti mais je le répète : je soutiendrai notre tête de liste."

- Vous restez au MR ?

"Bien sûr, je suis et je reste libéral, mais certaines vérités doivent être dites. J’en ajouterai une : en 2012, le père de Nicolas Tzanetatos a organisé dans son restaurant une soirée privée de présentation de son fils. J’ai découvert dans les comptes du parti que cela avait coûté 1.250 euros au MR. C’est un manque d’éthique et de respect de nos militants."