Charleroi Dominique critique vivement les décisions inhumaines de la prison de Jamioulx.

Si les grèves dans les prisons servent généralement à améliorer les conditions de travail des gardiens et du personnel pénitentiaire au sens large, il n’en va pas de même du côté des familles des détenus.

Certains parents dénoncent avec force la manière dont sont traités les détenus pendant ces périodes de grève, de même que certaines décisions peu compréhensibles prises par les directions d’établissement.

Dominique est maman d’un détenu incarcéré à Jamioulx, du moins c’est ce qu’elle pensait jusqu’à ce qu’un détenu préférant rester anonyme lui apprenne que son fils avait été transféré le 20 juin à la prison de Leuze-en-Hainaut, soit à plus de 80 km de Charleroi.

Dominique a fortement été touchée par cette décision alors qu’elle venait enfin, au bout d’une longue procédure, d’avoir droit à un rapprochement familial. Son fils avait alors été transféré de Saint-Gilles vers Jamioulx.

La maman ne comprend pas qu’en période de grève il y ait eu un transfert pris pour des raisons qu’elle ignore totalement. Au sein de la prison, certains gardiens n’avaient pas à se plaindre du comportement du détenu. Ayant pris contact avec son avocat, celui-ci a également été incapable de lui donner une raison valable.

La mère qui s’offusque déjà des conditions de détention pendant les grèves (pas de cantine, pas de préau, des douches en nombre limité…) doit ajouter à son triste quotidien des heures de déplacement et d’attente dans des prisons aux quatre coins de la Wallonie.

Cette histoire de "non-comportement humain" n’est pas unique. Elle a déjà connu le cas d’un neveu décédé seul aux soins intensifs de Marie Curie car les autorités pénitentiaires de Jamioulx avaient omis de dire que le jeune garçon avait une famille proche. Tous n’ont pu se recueillir que sur un homme dans un coma profond.

À l’époque, la famille avait déjà demandé des comptes, restés lettre morte.

Même si son fils n’est plus à Jamioulx, elle souligne les difficultés de cet établissement qui aurait autorisé des visites le week-end dernier tant les tensions au sein de la prison carolo sont grandes.

Elle qui doit déjà s’occuper de sa mère sénile de 93 ans devra à nouveau attendre 3 mois avant de réintroduire une demande de rapprochement familial.