Charleroi Le PTB et Ecolo veulent que Charleroi se positionne contre les violences d’Israël.


La conseillère communale d’opposition PTB, Sofie Merckx, prendra la parole lors du prochain conseil communal de Charleroi, le 28 mai, pour lancer trois propositions à la majorité PS-MR-CDH.

"Mon interpellation suit évidemment les événements effroyables de la semaine passée à Gaza (60 morts et 2.400 blessés, NdlR)", explique-t-elle. "Voici les trois propositions que je ferai à l’échevine Françoise Daspremont. Un, hisser le drapeau palestinien à l’hôtel de ville, comme ça a déjà été fait notamment à Dublin. Deux, jumeler Charleroi avec une ville de Palestine, comme ça a été fait à Liège. Trois, voter la motion qu’Ecolo déposera au conseil suivant, pour obliger les entreprises qui remportent des marchés publics à ne pas traiter avec des pays ou des produits issus de pays qui ne respectent pas les droits de l’homme. Et en l’état actuel des choses, Israël pourrait dès lors être exclu."

La plateforme Charleroi-Palestine avait déjà fait des propositions en ce sens par le passé. "Mais on ne sait pas où ça en est, rien n’a été dit publiquement en tout cas", ajoute Sofie Merckx. "À Charleroi, on doit se poser la question : qu’est-ce qu’on peut faire à notre niveau ? Parce que sans électricité, sans eau, avec des checkpoints… ce que vivent les Palestiniens, c’est pire que l’apartheid sur certains aspects. Et à l’époque en Afrique du Sud, le boycott avait aidé à faire changer les choses."

Obliger les marchés publics à respecter les Droits de l'Homme

Même écho du côté de l’opposition Ecolo, avec la motion que Xavier Desgain essaye de présenter depuis deux conseils déjà. "L’idée, c’est de notifier dans les marchés publics qu’il faut respecter les droits de l’homme", explique le vert. "En résumé : que Charleroi n’achète plus de légumes venant de colonies israéliennes en Palestine et ne fasse plus appel à des entreprises d’Israël."

Légalement, c’est compliqué : le texte ne comprendra d’ailleurs pas la moindre itération du mot "Israël", mais visera l’ensemble des pays qui ne respectent pas les droits de l’homme. Politiquement, c’est une autre affaire : "c’est clairement Israël qui est visé", confirme Xavier Desgain. "Molenbeek l’a fait en 2016, mais la loi sur les marchés publics a changé depuis, je dois donc adapter mon texte à la nouvelle législation, et c’est trop court pour déposer la motion au conseil de lundi prochain."

Et ces fameux marchés publics, y en a-t-il en cours à Charleroi ? "De façon directe, pas à ma connaissance", répond le conseiller Ecolo. "Mais indirectement, c’est fort possible : par exemple, de très nombreux produits bio viennent d’Israël. Ce n’est pas impossible qu’il y ait des produits venus des colonies israéliennes dans les cantines scolaires. Ce n’est absolument pas dit, mais c’est important que Charleroi donne un signal fort. Ce serait un peu bête qu’on en ait sans s’en rendre compte, et qu’on continue à les garder tout en le sachant."

Pour Xaver Desgain, il y a "une carte à jouer"

"La question des droits de l’homme est primordiale", conclut Xavier Desgain. "Ce qu’il faut, c’est que la Ville fasse comme toute une série de consommateurs, qui se détournent des produits israéliens qui viennent de territoires palestiniens. Et la Ville, avec 509 € par an et par habitant de dépenses en marchés publics, c’est un gros consommateur. C’est une carte qu’on ne peut pas laisser passer."