Charleroi

Ludivine a été violée chez son voisin mais ne se souvient plus par qui.

Ludivine était connue dans son quartier comme une jeune femme sans histoire, vivant à Bouffioulx avec son fils de 3 ans, sans trop de contacts avec le voisinage. Mais le soir du réveillon de Noël 2013, elle a poursuivi la fête chez Mehdi, un voisin, avec des convives qu'elle ne connaissait pas vraiment. L'alcool a clairement coulé à flots, ce qui explique que tant la victime que les autres protagonistes ont les souvenirs très embués.

Mais voilà ce que Ludivine a déclaré aux enquêteurs : « Mehdi m'a indiqué les toilettes et, une fois dans la salle de bain, il a tenté de m'embrasser. Je l'ai giflé et avec un de ses amis, il m'a projeté au sol. Ils m'ont arraché ma blouse et m'ont violée ». Détail sordide : la jeune femme aurait été sodomisée à l'aide d'une brosse à cheveux, ce qui explique sans doute les lésions anales détectées par le légiste, outre les nombreux hématomes et la fracture du sacrum.

Lorsqu'elle s'est réveillée le lendemain, vers 16 heures, avec son fils entre les bras, Ludivine ne se souvenait plus de grand chose, si ce n'est de bribes. Elle portait un pull à la place de sa blouse et, vu son état, des amis lui ont conseillé de se rendre à l'hôpital. Ce n'est que le 27 décembre qu'elle a déposé plainte à la police.

Bien sûr, les enquêteurs ont entendu toutes les personnes présentes ce soir-là. Mais quasi tous ont livré une version différente. Quatre hommes ont été inculpés de viol au terme des investigations, mais seul Mehdi a été renvoyé devant le tribunal correctionnel. « Je l'ai accompagnée au toilettes mais je suis redescendu pour fumer. J'ai entendu des cris et j'ai constaté qu'un de mes amis était couché sur elle. C'est moi qui lui ai donné un pull pour se couvrir », a déclaré le prévenu qui nie formellement.

Selon Me Eteve, conseil de la victime, Ludivine n'avait aucune raison d'accuser inutilement son voisin. « Elle a fait plusieurs déclarations en fonctions des souvenirs qui lui sont revenus petit à petit. Elle n'avait aucune raison de mentir ». Pour le parquet, même son de cloche : « Il y avait sans doute deux agresseurs, mais je n'ai d'éléments que contre Mehdi qui est le seul que la victime a reconnu », a précisé la substitut Dutrifoy qui aurait requis 4 ans de prison si le dossier n'avait pas traîné en chemin. Elle n'est donc pas opposée à une mesure de faveur.

Me Cerquetti, conseil de Mehdi, a plaidé l'acquittement pur et simple. Mehdi a toujours nié et Ludivine est loin d'être formelle. Elle s'est basée sur les dires de son fils de 3 ans qui parlait d'un « méchant monsieur à casquette ». Un peu faible comme argument, selon la défense...