Charleroi Une école primaire pour enfants malades a ouvert au sein de l’hôpital de Charleroi.

Depuis le mois de septembre, une classe de primaire a ouvert pour les enfants malades au GHDC, le Grand hôpital de Charleroi.

En mars 2017, l’hôpital a contacté l’école du Bois-Marcelle à Marcinelle, spécialisée pour enfants de type 3 (troubles caractériels et/ou de personnalité, NdlR). Julien Streydio a alors postulé à cette offre d’emploi, il a été sélectionné et au mois d’août, il a été engagé pour devenir instituteur.

Cette école à l’hôpital a été créée afin de permettre aux enfants malades et en séjour à l’hôpital d’éviter d’être en retard dans leur scolarité. Certains enfants sont obligés de rater l’école pendant plusieurs semaines voire des mois, et ils ne peuvent pas faire leurs devoirs seuls sans avoir eu la leçon. C’est alors difficile pour eux de se rattraper par la suite. Le professeur est présent pour éviter ce retard. "L’intérêt est multiple, ça permet de sortir de l’hôpital tout en y restant, de s’occuper lors les longues journées, et ça a un intérêt pédagogique", explique l’instituteur.

Le fonctionnement est simple, si l’enfant reste plus de 3 jours à l’hôpital, alors l’instituteur le prend en charge. Il y a d’abord un contact avec les parents et l’école pour recevoir une partie des cours qui sont donnés en l’absence de l’enfant. Si ce n’est pas possible, alors Julien prépare lui-même des leçons ou des activités pédagogiques.

La leçon varie selon l’âge de l’enfant, son profil et son niveau scolaire. "Je m’adapte à l’enfant et au type de séjour. La 1er fois je fais des jeux pour le mettre en confiance. Si le séjour est long, je récupère les devoirs pour que l’enfant ne prenne pas de retard dans sa scolarité."

Par exemple, Anaïs a 11 ans, elle est en 6e primaire à Vaulx. Elle est à l’hôpital pour 5 jours. "J’ai pris contact avec son institutrice, mais ici, elle n’avait pas trop envie de faire ses devoirs car elle est fatiguée, donc on fait une activité ludique et pédagogique."

Les enfants sont curieux et attirés par les leçons d’éveil, les couleurs, etc. "Je trouve ça bien, ainsi je ne devrai pas rattraper mon retard à l’école", note Anaïs. Pour les enfants, c’est une façon de s’occuper pendant la journée, voir quelqu’un d’autre que les infirmières et de ne pas se retrouver seul dans une chambre d’hôpital.

"Il est important de ne pas être là qu’en tant que prof. L’enfant doit être motivé à venir en classe", explique Julien. "Je viens de l’enseignement spécialisé, je suis habitué. Je dois m’adapter à une maladie et être au courant de l’état physique de chacun."


287 enfants depuis septembre

L’école à l’hôpital c’est presque comme une école normale…

CHARLEROI Julien Streydio, l’instituteur, vit des journées d’école différentes chaque jour. C’est un tout autre environnement que l’école spécialisée de Marcinelle. "Chaque matin, je vais près de l’infirmière qui me dit quel enfant je peux prendre aujourd’hui", explique Julien. Certains enfants trop malades ne peuvent pas participer aux activités, ou s’ils sont absents pour une opération, voire trop fragilisés par leur état de santé. C’est l’infirmière qui décide si l’enfant est en état d’aller à "l’école" ou non.

Les enfants doivent également s’inscrire. Les cours ne sont absolument pas obligatoires. Par la suite, l’instituteur fait un horaire de la journée, jusque 15h30, comme dans n’importe quelle école. "Soit ils viennent individuellement, soit en groupe de deux ou trois."

Que ce soient des activités ou des devoirs, Julien Streydio s’adapte à toutes les demandes. Il prend en charge six enfants par jour, en y consacrant plus ou moins une heure chacun.

L’instituteur doit suivre le même programme qu’un enseignement normal, les mêmes horaires, et les mêmes obligations. Tous les jeux, activités ou devoirs doivent être pédagogiques : religion, citoyenneté, art plastique, mathématique, français, éveil. Par exemple, le jeu de l’oie est utilisé pour revoir les tables de multiplication.