Charleroi Sa conception participative en fait un événement inédit.

S’il y a un outil auquel les carolos sont particulièrement attachés, c’est le Haut Fourneau 4.

Après sa mise à l’arrêt et la fermeture de Carsid en 2008, une mobilisation citoyenne s’est organisée pour en exiger la préservation : c’est à l’histoire de cette cathédrale de feu, la dernière en bon état en Wallonie, et au combat dont son maintien a fait l’objet à l’appui d’une pétition de 5 000 signatures que rend hommage l’expo HF4, fierté d’hier et de demain. Inaugurée dans le cadre des célébrations de la sainte Barbe et accessible jusqu’au 21 avril prochain, elle porte un regard à la fois mémoriel, technique, humain et esthétique sur ce fleuron industriel.

Mis à feu en 1963 avec une capacité de 55 000 tonnes par mois, il a été porté à 85 000 tonnes en 1976 et à 170 000 tonnes en 2007 pour devenir le premier en Europe. Ceux qui y ont travaillé en gardent des souvenirs touchants et sincères. Une galerie de photos les évoque, mettant en lumière ce joyau du patrimoine sidérurgique.

Le projet s’est construit de manière collaborative entre l’association Meta-Morphosis, Patrimoine Industriel Wallonie Bruxelles et Espace Environnement qui en sont les initiateurs, mais aussi avec la participation d’autres structures comme le Bois du Cazier et, surtout, l’implication de nombreuses personnes qui ont souhaité apporter leurs témoignages, explications, aide ou soutien. Cette dimension est fondamentale dans la démarche, l’objectif premier étant de valoriser l’outil à travers les nombreuses fiertés sous-jacentes qu’il a suscitées.

Une partie didactique et une partie "vécu" sont présentées, formant ainsi les deux faces d’une même mémoire. Le parcours didactique permet de découvrir le fonctionnement d’un haut fourneau et son rôle dans le processus sidérurgique ainsi que le contexte dans lequel il a évolué. Tandis que le parcours "vécu" emmène le visiteur dans les coulisses du HF4, à la rencontre des hommes et des femmes qui l’ont manié, dirigé, pensé, étudié et même construit. Une troisième approche, plus subjective, est proposée par les artistes.