Charleroi Incroyable : le SPW n’est toujours pas propriétaire du terrain où doit aboutir l’ouvrage.


Raccorder la plateforme multimodale de Charleroi/Châtelet au réseau autoroutier est essentiel : en effet, les transporteurs et concessionnaires du site ne disposent d’aucun accès direct, raison pour laquelle le SPW a entrepris, voici deux ans, la construction d’un pont enjambant la rue de Couillet et de la Sambre à Châtelet pour connecter le site au périphérique R3.

Depuis des mois, les travaux sont au point mort : les fondations de l’ouvrage sont finies en rive droite, mais rien n’a encore été fait de l’autre côté. Et pour cause : la Région wallonne n’a pas la maîtrise du foncier.

Comment a-t-on pu commencer un chantier dans de telles conditions ? C’est la première question qui se pose. Dans une question écrite au ministre CDH de la Mobilité, Carlo Di Antonio, le député MR Nicolas Tzanetatos a demandé un état des lieux.

Selon le ministre, la procédure a pris du retard en raison d’un changement de gestionnaire de dossier dans l’administration. Pour achever le pont, le SPW doit en effet acquérir les terrains privés concernés par ce projet.

Si dans un premier temps, il a été dit que ces terrains devaient être dépollués, la SA Boma qui en est propriétaire vient d’apporter la preuve de leur assainissement. Elle a elle-même introduit un plan pour procéder à ces opérations et ouvert un chantier.

Dans une estimation effectuée en décembre 2016, c’est une donnée qui a échappé au calcul. À l’époque, le coût était évalué à 350.000 euros, en plus des 8 millions d’aménagements. Selon le ministre, le comité d’acquisition d’immeubles doit reprendre le travail et actualiser son estimation.

Carlo Di Antonio se veut optimiste : "celle-ci pourra être finalisée en septembre, dit-il. Elle sera adressée à la direction des routes de Charleroi. Sur cette base, la direction territoriale fera savoir au comité d’acquisition si elle dispose des fonds nécessaires afin d’effectuer le rachat et l’expropriation".

Quant à la seconde phase de construction du pont, elle est reprise dans les projets du Plan Infrastructures 2019-2024, selon le ministre. Les usagers doivent s’armer d’encore un peu de patience.