Charleroi

Le tribunal correctionnel de Charleroi a examiné ce mercredi une scène de coup de couteau entre rivaux amoureux survenue en 2017 à Châtelineau (Châtelet). 


Le prévenu avait poignardé le nouvel amant de son ex-compagne avec un couteau à désosser. Le parquet a requis 15 ans de prison ferme pour ce qu'il considère comme une tentative d'assassinat. Erdal A. ne supportait pas d'avoir été quitté pour la cinquième fois par sa compagne, Sabrina, qui avait entretemps entamé une relation avec Angelo, un nouvel amant. La nuit du 6 au 7 octobre 2017, le prévenu s'était rendu devant le domicile de son ex, muni d'un couteau-papillon, et avait crevé les pneus du véhicule de son rival. La police était intervenue et avait saisi l'arme en admonestant l'intéressé.

Erdal A. était alors rentré chez lui pour repartir au petit matin vers Châtelineau, armé d'un couteau à désosser dont la lame mesurait 16 centimètres. "Par téléphone, peu avant les faits, il a déclaré qu'il allait défoncer la porte du domicile de Sabrina et qu'il allait tuer Angelo dans son lit, en vidant son chargeur sur lui", explique le substitut Vervaeren. "Ces menaces confirment bien la préméditation. Car dès qu'il est arrivé devant le snack où son ex faisait le ménage, où il savait qu'il trouverait le couple, il a foncé sur son rival, le couteau à la main, en criant qu'il allait le tuer. Et directement, il le lui a planté. Par chance, la victime a pu retenir son poignet, ce qui a limité la pénétration de la lame."

Convaincu de la préméditation et de la tentative d'assassinat, le parquet a requis une peine de 15 ans de prison, en tenant compte des nombreux antécédents du prévenu. "Chacune des ruptures a été marquée par des coups, des menaces et du harcèlement. Erdal A., on ne le quitte pas! Mais si on ne l'arrête pas, il finira par tuer quelqu'un", a conclu le ministère public.

Me Huet, conseil de la partie civile, s'est calqué sur ce réquisitoire, en ajoutant que son client avant subi de lourdes séquelles psychologiques. Me Gras, conseil du prévenu, a quant à lui contesté la préméditation et l'intention homicide pour solliciter une disqualification en coups et blessures volontaires. "Il n'a jamais envisagé de le tuer. La plaie est superficielle et il s'en va de manière volontaire, sans donner de deuxième coup avant de revenir, sans arme, pour parler. S'il avait voulu le tuer, il l'aurait fait." L'avocat a également estimé que l'incapacité psychologique de plus de 4 mois n'était pas établie chez la victime avant de solliciter une peine "raisonnable".

Jugement le 20 juin.