Charleroi

Non content de cogner son épouse, Ahmet joue les caïds de la route.

Ahmet a manifestement des problèmes à contenir son impulsivité. Sa femme en est la première victime. D’origine turque, cette dernière reçoit régulièrement des coups, mais elle n’ose pas déposer plainte. Et quand elle finit par le faire, elle se rétracte et annonce que "désormais tout va bien".

Pour le substitut Bury, qui poursuit Ahmet pour coups, destruction d’un véhicule et port d’arme, le prévenu affiche clairement une propension à la violence. Le jour des faits, sa femme lui a refusé des relations sexuelles. Une dispute a éclaté et il l’a frappée. "Ces violences ne sont pas isolées", poursuit le magistrat qui réclame une peine sévère. "Les proches de cette dame sont restés en Turquie et elle n’a quasi aucun contact autre que la famille de son mari. Or, celui-ci a un profil inquiétant : à la policière qui l’interrogeait, il a clairement déclaré que, dans son pays, c’était normal de corriger sa femme. Et lorsque la victime doit être entendue, il l’accompagne pour l’audition et tente d’intervenir. Il y a sans aucun doute eu des faits postérieurs à cette scène, mais il l’a enfermée et elle n’a pu déposer plainte. Avant l’audience, nous avons reçu une lettre affirmant que tout est rentré dans l’ordre. Mais on sait que la victime ne parle quasi pas français. Ce n’est donc pas elle qui l’a écrite".

Ahmet était également poursuivi pour un incident de la circulation. Le jour des faits, il roulait à 110 km/h sur le R9 (limité à 70), ce qui a passablement énervé un autre conducteur qui l’a dépassé. "Il multipliait les queues-de-poissons", explique la partie civile. "Arrivé au feu de la Grand Rue, le prévenu s’est porté à hauteur de l’automobiliste et, fou furieux, il a sorti une barre de fer pour frapper sur son véhicule. Il a plié le montant du pare-brise. La voiture est déclassée".

Me Stagnitto, conseil d’Ahmet, reconnait les deux gifles portées à son épouse, ainsi que les coups portés au véhicule. "Mais à l’aide d’un manche de brosse, pas d’une barre de fer. Et rien ne démontre que le déclassement de la voiture résulte de cette scène", affirme l’avocate. "En outre, mon client déclare que c’est l’autre conducteur qui l’a dépassé et qui lui a fait des doigts d’honneur." Au terme de sa plaidoirie, Me Stagnitto a sollicité la suspension du prononcé, voire une peine de travail. Pas question pour le parquet qui estime qu’Ahmet en tirerait un sentiment d’impunité. 

Jugement le 18 mai.