Charleroi Le PP présente ses listes dans le bassin carolo et à la province.

Le populisme. Quand Mischaël Modrikamen présente ses poulains pour les élections communales et provinciales d’octobre 2018, il fait référence au populisme pré-1990 : l’intérêt du "peuple", en opposition à "l’élite".

"On ne s’en cache pas, on s’inscrit dans le grand mouvement populiste qui gagne en ampleur en Europe", dit le président du Parti Populaire (PP). "Italie, Autriche, Pologne, Tchéquie, Slovénie, Danemark… moi-même j’ai soutenu Trump dès le début, et le Brexit voulu par mon ami Nigel Farage. On ne fera pas d’excuses, on dit ce qu’on pense : parce qu’on dit tout haut ce que les gens pensent tout bas. On récuse par contre le racisme ou l’exclusion de l’autre. On veut simplement faire passer nos citoyens d’abord, peu importe leur origine, et ne pas être submergé par cette invasion migratoire (sic.) qu’on vit pour l’instant." Le ton est donné : populisme donc.

Pourtant, à la lecture du programme, c’est le terme péjoratif qui reprend le dessus. Exemple : Steve Maloteau, tête de liste à Charleroi, veut créer des référendums citoyens : "Si les gens avaient pu choisir, ils auraient peut-être préféré engager des policiers, parce qu’il en manque, au lieu de construire cette tour bleue pour des sommes folles." C’est un peu vite oublier que les budgets pour engager, la Ville les a : ce sont les candidats qui manquent. "Oui mais il faut un changement majeur au fédéral et réformer tout le système judiciaire, à l’heure actuelle si on n’arrive pas à recruter, c’est parce que le boulot est dévalorisant dans une grande ville où les criminels ne sont pas punis." Il faut donc que le PP soit élu au fédéral s’il veut engager des policiers à Charleroi...

Et c’est un peu le problème : rien que sur les 4 premières propositions, il faut deux changements législatifs, et une modification de la Constitution. Pour un programme communal, c’est compliqué. La démarche globale est plus logique : "Le but, c’est d’être un parti de rupture, de faire les changements qu’on souhaite à tous les niveaux de pouvoir."

Le coup d’envoi a été donné : de 10 listes sur l’ensemble de la Belgique en 2012, le PP en proposera cette fois plus de 70. En région carolo: Charleroi, Pont-à-Celles, Chimay, Beaumont, Sivry-Rance, Fleurus font partie du lot pour les communales. Quatre listes seront aussi proposées pour les provinciales. "Rien ne nous arrêtera !"