Charleroi

Six ans de prison pour Benjamin qui s'était énervé pour un plat de pâtes.


Le 11 mai 2018, Benjamin s'était présenté chez sa mère, à Couillet. La famille y disputait tranquillement une partie d'Uno, un jeu de cartes convivial, mais le jeune homme de 22 ans l'avait interrompue en réclamant à manger. Apprenant qu’il n’y avait que des pâtes au menu, il s'était emporté au point que Serge, son beau-père, avait dû intervenir pour tenter de le calmer. « Il a pris un bidon d’essence et l’a déversé sur le haut du corps de son opposant », a déclaré le parquet de Charleroi qui poursuivait Benjamin pour tentative de meurtre. « Selon les quatre témoins, il a brandi son briquet en menaçant de cramer la victime. Le demi-frère du prévenu est heureusement intervenu et le beau-père s'est défendu avec une bouteille ».

Pour le Ministère public, Benjamin aurait immolé Serge s’il n’avait été interrompu. La substitute a également tenu compte des antécédents du prévenu, déjà condamné à 18 mois avec sursis pour extorsion, ainsi que de son profil psychiatrique inquiétant. C’est donc une peine de 5 ans de prison ferme qui a été requise.

Benjamin, lui, a contesté toute intention homicide. « Dans la bousculade, l’essence s’est déversée accidentellement. J’ai d’ailleurs été aspergé autant que lui. Si tout le monde dit l’inverse, c’est parce que ma famille a toujours voulu me tenir à l’écart ».

Ce mal-être, Me Ureel a tenu à le faire transparaître de sa plaidoirie. « Il n’avait plus vu sa mère depuis 15 ans. Et voici quelques mois, ils ont repris contact. Il a fait preuve d’une démesure d’attention envers sa maman. Il a carrelé la salle de bain, repeint le salon. Le jour des faits, il réparait encore le quad de son demi-frère. Et quand il a demandé à manger et qu’on lui a dit qu’il n’y avait que des pâtes, il a considéré cela comme un manque de reconnaissance. Tout a explosé chez ce garçon déjà détruit par la vie », a expliqué Me Ureel, plaidant la disqualification en menaces, avec pour sanction éventuelle, un sursis probatoire.

Mais vu les témoignages, les zones du corps aspergées (tête et thorax) et la matérialisation immédiate des menaces, le tribunal a retenu l'intention homicide. Benjamin écope finalement de 6 ans de prison ferme.