Charleroi

« Impossible, j''étais à un mariage », dit le prévenu pour lequel le parquet requiert 8 ans.


Elyass ne s'attendait pas à ce que Sabrina le quitte, fin septembre 2017. Il tenait beaucoup à sa compagne, au point de reconnaître sa fille. Bref, quand sa compagne lui a annoncé qu'elle rompait, et qu'en outre elle refaisait sa vie avec un certain Mohamed, le choc fut rude.

C'est dans ce contexte que Mohamed, le nouvel amant, aurait fait l'objet d'une tentative d'assassinat, le 27 octobre 2017. Une chose est certaine : il a pris un coup de couteau à la cuisse et il a accuse Elyass d'en être l'auteur. « Il m'a tendu un piège », a-t-il affirmé à l'époque aux enquêteurs. « Il m'a donné rendez-vous dans la rue du Vieux Moulin à Marcinelle, devant le domicile de la grand-mère de Sabrina. Quand je suis arrivé, il n'y avait personne. Puis il a surgi et a ouvert ma portière en brandissant un grand couteau. Il a voulu m'atteindre au ventre et au visage mais j'ai réussi à parer les coups. Il m'a finalement planté sa lame à l'arrière de la cuisse en me disant : tu crois que je ne suis pas un homme? Je vais vous tuer tous les trois, toi, Sabrina et la petite ».

Interrogé par les enquêteurs, Elyass a nié formellement les faits. « J'étais à un mariage », a-t-il affirmé. « Oui, mais les caméras de surveillance de la salle indiquent qu'il n'est arrivé qu'à 19h40 et qu'auparavant, son GSM a été géolocalisé sur les lieux des faits », a rétorqué le substitut Bouilliez qui note également que, sur le téléphone du prévenu, on a aussi retrouvé des photos de Mohamed et de sa plaque d'immatriculation. « Sans oublier que ce dernier a pu décrire précisément ses vêtements », a ajouté le magistrat qui estime que la préméditation doit être retenue. C'est donc une peine de 8 ans de prison qui a été requise.

Mes Huet et Malorgio, conseils d'Elyass, ont quant à eux plaidé l'acquittement, estimant qu'il n'existait aucun autre élément que les déclarations de la victime. « Or, Sabrina et Mohamed avaient décidé de le déchoir de sa paternité. C'était donc un mobile pour le mettre hors-jeu », ont précisé les avocats qui contestent les éléments de géolocalisation. « Et puis, après sa première audition, Mohamed n'a plus donné signe de vie, ni aux enquêteurs, ni au médecin légiste. Il n'est même pas constitué partie civile ».

Elyass, en revanche, est bien décidé à garder le contact avec sa fille. Il a d'ailleurs demandé des analyses ADN. Jugement le 14 novembre.