Charleroi Laetitia Lambot de Courcelles explique le lourd travail administratif pour préparer les scrutins.


"Les élections, c’est déjà demain."
Ce qui est vrai en politique vaut aussi parfois pour l’administration : les élections communales et provinciales se tiennent dans six mois à peine. Laetitia Lambot, directrice générale à Courcelles, nous fait visiter les coulisses.

"Ce sera mon baptême du feu, je suis arrivée en janvier 2013, donc juste après le dernier scrutin. En tant que DG, je suis un des opérateurs électoraux : j’ai constitué, à Courcelles, une cellule avec la cheffe du service population, un juriste, trois agents administratifs, un agent marché public et des ouvriers du service travaux qui devront trimer du vendredi soir au lundi matin pour préparer puis ranger les bureaux de vote. On se réunit depuis janvier pour préparer les élections, ce n’est pas un mince boulot… on est tous des novices, avec le stress que ça comporte !"

Avec le collège et le bureau communal, ils doivent tout organiser. "La partie visible, ce sont les convocations que les gens reçoivent, mais derrière, il y a le travail de toute une administration pendant 8 mois."

Il faut choisir les locaux (souvent des lieux publics pour éviter tout biais) que le gouverneur de la province devra valider, en faisant attention à ce qu’il y ait, à chacun d’entre eux, suffisamment de places de stationnement et d’accès PMR pour les 800 personnes qui y défileront le dimanche des élections. "La dernière fois, il y a eu 4.000 personnes dans la même école : invivable en plein été, il y a même eu quelques malaises…"

Pour le matériel, "on a prévu un budget de 50.000 euros pour nos 22.000 électeurs, ça fait 30 bureaux à préparer et équiper", ajoute Laetitia Lambot. "On a dû commander de nouveaux isoloirs et on a aussi racheté des urnes. Avant, celles en bois étaient simplement cadenassées, et la clé était dans les mains de celui qui prenait l’urne avec lui… je trouve ça dangereux, ici il y a aura un système sécurisé." Sans compter les coûts informatiques : l’administration courcelloise se tâte encore entre acheter un logiciel, très cher, pour calculer les voix et les proportions, ou faire ces calculs compliqués à la main.

Et puis il y a toutes les obligations : d’affiches électorales, de vote des étrangers, l’assistance au vote, l’explication du principe de procuration, le registre des électeurs et les convocations.

"C’est beaucoup de travail avant, beaucoup de travail pendant, et c’est sans parler de la suite : le pacte de majorité, la séance d’installation, les candidats pour la police, le CPAS, les ASBL, les intercommunales… c’est un processus énorme, et très important pour la démocratie. Pas question de se louper."

Il y a 134.000 électeurs rien qu’à Charleroi

La tension est moins palpable du côté de Charleroi : pourtant, au lieu de 22.000 électeurs comme à Courcelles, il y en a 134.000. "Ce qui représente 186 bureaux, qu’on va répartir dans 83 lieux publics, surtout des écoles", précise Véronique Mouyaux, directrice de l’état civil et population à la ville de Charleroi.

Avec un budget avoisinant les 300.000 euros (100.000 pour les bulletins et les jetons, 150.000 pour les isoloirs, les urnes et les travaux divers, et 50.000 pour du petit matériel), les élections de 2018 sont préparées, comme la loi le prévoit, depuis janvier.

"C’est bien rôdé ici . Nous avons une équipe de deux personnes qui font ça depuis déjà quelque temps, elles ont l’habitude d’organiser des élections", ajoute la directrice. "Elles sont affectées principalement à cela, mais ce n’est pas un travail à temps plein pendant un an, leur charge de travail dans l’administration est simplement réduite, et elles reprendront leur poste complet après septembre."

À noter que d’un côté comme de l’autre, si des assesseurs sont volontaires, ils peuvent s’adresser à la commune pour participer aux élections de l’intérieur. "On ne refuse personne, on a déjà quelques intéressés, mais ce n’est pas la grande foule non plus."