Charleroi 25 prévenus pour un trafic qui utilisait aussi des mineurs d’âge.


En février puis en mai, deux opérations de la police de Charleroi avaient permis de boucler une série d’écoutes, de repérages et d’informations, sur un trafic de stupéfiants qui fonctionnait dans la région de Charleroi, et particulièrement à Marchienne-au-Pont, avec la particularité d’’utiliser aussi, pour la vente en rue, des mineurs d’âges dont certains avaient entre 12 et 16 ans.

Des 25 prévenus cités en correctionnelle, certains n’ont pas jugé utile de se déplacer. En tête des prévenus présents, une mère de famille, Radia considérée comme la dirigeante de ce qui a été, des mois durant, une véritable association de malfaiteurs. Les autres y tenaient un rôle bien défini avec, dans celui du lieutenant, le fils de la dirigeante, en charge du recrutement et de la vente.

A l’audience, ils n’ont tous passé que des aveux partiels, visant à réduire leur rôle, que le parquet a pourtant défini : il y avait les vendeurs, les chauffeurs chargés de les acheminer, les logeurs qui devaient les abriter. Tout ce petit monde fonctionnait à grands renforts de GSM, dont les contenus ont révélé la structure et l’organisation. Ainsi, la mère donnait ses instructions, harcelant littéralement son fils, plusieurs fois par heure certains jours, pour s’inquiéter du bon état des ventes réalisées avec pour seul objectif l’argent « qu’elle comptait dans son salon », a précisé le parquet. 

Et pour y parvenir, elle a utilisé des mineurs d’âge, "qu’elle envoyait au turbin", dont elle parlait à son fils en lui demandant de "trouver des ouvriers" Un de ces mineurs d’âge, victime obligée de ces agissements, est aujourd’hui partie civile, et Me Frédéric Mohymont est intervenu en son nom, évoquant "ceux qui sans aucune conscience, ont répandu la mort". Pour le parquet, ce sont chaque mois des kilos d’héroïne et de cocaïne qui ont circulé : de quoi demander pour les principaux prévenus, la mère et son fils, une peine de dix ans de prison, en plus de la confiscation de centaines de milliers d’euros et des voitures utilisées.