Charleroi La Sofico fait le point sur l’état du chantier du contournement de Couvin.


C’est un projet autoroutier qui va impacter toute la mobilité au sud de Charleroi. Dans trois semaines, le dernier tronçon français en travaux entre Francheville et le Piquet sera en effet ouvert à la circulation, ce qui créera un appel d’air pour les poids lourds en provenance de la région de Champagne-Ardennes. Il faut donc se préparer à voir la charge de trafic augmenter considérablement sur la N5, avec des risques d’engorgement accrus à hauteur du Bultia et de Loverval.

À la veille de l’ouverture de ce chaînon manquant, la Société de financement complémentaire des infrastructures (Sofico) a tenu à faire le point avec ses partenaires techniques et la direction des routes du SPW sur l’état d’avancement du chantier du contournement de Couvin. Comme le rappelle l’ingénieur dirigeant Jean-Luc Lecomte, l’exécution était séquencée en quatre phases : la première s’est étalée de novembre 2013 à l’automne denier, elle a vu la construction de 4,6 km de voie rapide entre Frasnes et le Ry de Rome, empruntée par près de 4.000 camions par semaine, essentiellement immatriculés en Belgique (62 %).

La phase 2 s’achèvera au printemps prochain : elle prolongera cette route jusqu’à la frontière au Bruly de Couvin, et se connectera au réseau à grand gabarit français. Dès la mi-2019, tout sera mis en place pour accueillir le flux de véhicules à destination et depuis la France. Durant toute cette phase 2, il a fallu faire face à des problèmes liés à la nature du sol, complète Delphine Cauchie, qui reprendra la coordination des opérations techniques cet été, en raison du départ à la retraite de Jean-Luc Lecomte.

La phase 3 est la plus complexe : il s’agit de créer un ouvrage d’environ 800 mètres dont 80 de tunnel pour faire passer la circulation sous les rails de chemin de fer. Cette trémie servira de porte d’entrée au contournement en direction de la France. Elle ne sera effectuée qu’à moitié à la mi-2019, et mise à double sens pendant un an jusqu’à l’achèvement de l’autre moitié. Il ne restera alors plus qu’à installer les équipements électromécaniques (éclairage, etc.), l’objet de la quatrième et dernière phase qui s’effectuera simultanément.


Enquête publique terminée pour le projet de trident

Où en est le projet de trident pour désengorger l’entrée sud de Charleroi à partir du rond-point Ma Campagne à Gerpinnes ? Au cabinet du ministre wallon de la Mobilité Carlo Di Antonio (CDH), on indique que l’enquête publique est terminée. "L’administration procède actuellement à l’analyse des réclamations des riverains et des avis des communes. La volonté du ministre est d’examiner la pertinence de chaque remarque afin de faire progresser le projet dans la concertation. La prochaine étape sera l’adoption d’un arrêté relatif au changement de plan de secteur. Aucune échéance n’est encore fixée à ce sujet."

L’augmentation de la charge de trafic ne va pourtant pas manquer de mettre la pression. D’autant qu’elle est appelée à monter en puissance au gré de l’achèvement des phases 2 et 3 du contournement. Celui-ci constitue une infrastructure de 13,8 kilomètres comptant pas moins de 36 ouvrages d’art (ponts, tunnels, pertuis, bassins d’orage…). C’est l’un des deux chaînons manquants avec le dédoublement de la N5 : il vise à désenclaver la région, à accroître la sécurité routière et à améliorer le cadre de vie des habitants des villes et villages de l’axe Frasnes-Brûly. 

Des problèmes liés à la nature des sols sont venus retarder les exécutions. Ils ont aussi imposé de revoir les profils de talus et d’adapter les ouvrages en conséquence. Selon l’ingénieure Delphine Cauchie, ils étaient impossibles à détecter lors des campagnes de carottage préalables : la succession de couches d’argile et de roche complique en effet sensiblement la tâche.