Charleroi

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Francine Biot et Philippe Stratsaert nient avoir sciemment détourné des subsides

CORRECTIONNELLE Les deux derniers chefs en date de la zone de police de Charleroi, Francine Biot et Philippe Stratsaert, étaient sur les bancs de la 7e chambre correctionnelle, hier matin.

L’auditorat du travail les soupçonne en effet de faux et détournement de subsides, pour un montant total de 57.400 €. Les commissaires divisionnaires n’ont jamais mis un euro dans leur poche. Ce que le substitut Clesse leur reproche, c’est d’avoir utilisé cette subvention à un usage autre qu’à celui pour lequel elle était destinée, à savoir l’assistance aux victimes.

En 2004, la zone de police locale a ainsi engagé une assistante sociale qui a rejoint la cellule d’Écoute et d’Amélioration des tâches, un service destiné notamment au suivi psychologique des policiers traumatisés. Et manifestement, cette dernière n’a jamais apporté son soutien qu’à des inspecteurs, et jamais à des victimes civiles.

Ce vendredi, Mme Biot a nié toute faute. Elle affirme avoir fait la demande de cette subvention auprès de la Région wallonne, étant donné que le service d’aide aux victimes communal n’était pas disponible sept jours sur sept.

Dès lors, il fut question d’étendre la mission de l’assistante sociale. “J’ai alors confié le dossier au commissaire Stratsaert et je ne m’en suis plus occupée puisque ma priorité était d’assurer la sécurité du citoyen” , explique-t-elle.

Ce n’est donc qu’en 2007, suite à une demande de rapport d’évaluation exigée par la Région, que Francine Biot se serait en fait rendue compte de la méprise et l’aurait signalée à la tutelle.

Philippe Stratsaert, le chef de zone actuel, nie aussi les faits mais reconnaît une forme de “responsabilité collective” , vu l’absence de contrôle de la bonne affectation de ces subsides.

Pour l’auditeur du travail, les prévenus se rejettent la balle. “Tout le monde savait depuis le début que l’assistante serait affectée à des tâches internes et non à l’aide aux victimes. Un courrier de M. Stratsaert dit d’ailleurs en 2007 que l’on envisage seulement de monter un tel service. Je conçois qu’une zone a d’autres priorités et que la somme n’est pas énorme. Mais on ne fait pas n’importe quoi” , a conclut le parquet, qui réclame la suspension du prononcé.



© La Dernière Heure 2010