Charleroi

Deux incidents nucléaires en quatre jours. C’est beaucoup. Trop, même, pour le député Ecolo/Groen Jean-Marc Nollet qui a mis le sujet sur la table en commission de l’Intérieur.


Pas d’inquiétude, même si ce sont des incidents nucléaires "à ne pas prendre à la légère", la sécurité n’a, heureusement, pas été mise en danger par les deux incidents. Voici ce qu’il s’est passé.

Le 23 juin, l’IRE, l’Institut des Radioéléments de Fleurus, a expédié trois colis contenant des substances radioactives à usage médical… en dehors du respect de la législation : trois flacons de molybdène-99 étaient en surcapacité : d’un à deux millilitres chacun, sur le maximum de 20 autorisé par les autorités. Un événement de niveau 1 sur l’échelle INES - qui va de 0 à 7, 1 étant une "anomalie sans conséquence sur le site".

Le 27 juin, quelques jours après, un nouvel incident s’est produit : "l’IRE a inversé deux colis et leurs destinataires, contenant de l’iode 131 (extrêmement radioactif, NdLR) suite à une erreur humaine", a précisé le ministre Jan Jambon (N-VA). À nouveau, l’incident a été classé à 1 sur l’échelle INES.

"Heureusement, la firme qui a reçu le colis était équipée pour faire face à la radioactivité des produits", réagit Jean-Marc Nollet. "L’activité radioactive était le double de ce qu’elle aurait dû être, à 6 becquerels au lieu de trois. Les conséquences auraient pu être bien pires."

Il rappelle également que l’IRE n’en est pas à son premier écart. "En mai 2017, l’Agence fédérale du Contrôle nucléaire avait refusé son agrément pour la protection physique à l’IRE. Je n’ai jamais su pourquoi, l’information était confidentielle", continue Nollet. "Alors, oui, dans le nucléaire c’est souvent confidentiel parce qu’il y a par exemple du matériel qui pourrait faire beaucoup de dégâts s’il tombait entre les mauvaises mains, mais ici, il faut marquer le coup."

Il appelle l’AFNC à contrôler en profondeur l’Institut de Fleurus et son fonctionnement interne. "Vu comme ça, des petits couacs sans conséquences peuvent paraître peu, mais il faut rester très attentif. Potentiellement, le nucléaire et les matériaux radioactifs restent très dangereux : le tout c’est de voir si c’est bien géré. Et ici, ça n’a pas l’air d’être le cas. Il faut voir à quoi les problèmes sont dus, et être prêts à refinancer l’Institut si nécessaire. Je le répète, il faut marquer le coup."