Charleroi Une bande de l’Est interceptée après le vol de 14 véhicules à proximité du BSCA.

Retrouver sa voiture sur quatre blocs au retour des vacances : cette mésaventure est déjà arrivée à des dizaines de voyageurs qui avaient stationné leur véhicule aux abords de l’aéroport de Gosselies (Brussels South Charleroi Airport), le plus souvent sur des aires non surveillées. Mais depuis le mois de novembre 2017, une épidémie plus inquiétante encore s’est propagée. Au total, 14 véhicules ont effectivement été volés sur les parkings du BSCA. Et dans la majorité des cas, les auteurs ont ciblé un modèle bien précis, à savoir le Range Rover Evoque.

Une instruction a donc été ouverte par le parquet de Charleroi, entre les mains du juge Kaens. Des suspects ont pu être identifiés et des techniques particulières d’enquête ont été mises en place. C’est ainsi que dimanche dernier, la police fédérale a pu pincer trois individus en flagrant délit. Domiciliés tous les trois en Allemagne, ils ont été placés sous mandat d’arrêt ce mardi pour association de malfaiteurs et vol avec fausses clés. Ils comparaîtront jeudi devant la chambre du conseil de Charleroi qui décidera (ou non) de prolonger leur détention préventive.

Les trois individus avaient manifestement choisi les parages de l’aéroport de Gosselies comme terrain de chasse et, pour l’heure, on ignore s’ils ont pu agir ailleurs. Toujours est-il que le modus operandi de cette bande était particulièrement efficace.

Les malfrats arrivaient sur place à bord d’un véhicule et, à l’aide d’un tournevis, parvenaient à déclipser la fenêtre du côté conducteur. Munis de clés spéciales, ils n’avaient plus ensuite qu’à démarrer le moteur. Le véhicule volé et celui des auteurs repartaient ensuite en direction de l’Allemagne. Selon une source proche de l’enquête, la manipulation ne prenait que deux minutes chrono. Un timing qui permettait aux malfaiteurs d’être particulièrement discrets et de ne pas éveiller les soupçons. Sauf que les plaintes de voyageurs lésés se sont accumulées depuis la fin 2017 et que les enquêteurs ont fini par identifier des suspects. Les voilà aujourd’hui incarcérés.

L’enquête n’en est pas pour autant terminée. Il semble qu’une fois rentrés en Allemagne, les auteurs parvenaient rapidement à écouler les Range Rover volés. Ceux-ci prenaient manifestement la direction des pays de l’Est. Agissaient-ils sur commande ? Y a-t-il derrière tout cela un trafic de faux documents de bord ? Autant de questions auxquelles les enquêteurs tentent aujourd’hui de répondre…