Charleroi

Jean-Pierre est un habitué du tribunal correctionnel. Depuis les années 80, il a cumulé pas moins de 251 mois de prison, soit six pages de casier judiciaire.


Cette fois, le multirécidiviste revenait pour deux scènes de violences conjugales à l’égard de Janique, une amie d’enfance qu’il avait retrouvée dans un café en 2016. L’alcool consommé à outrance par les deux tourtereaux et la jalousie maladive du prévenu ont bien vite gangrené la relation. Le 30 avril dernier, au retour du restaurant, Jean-Pierre n’a pas hésité à mordre Janique à sang dans la voiture. Un mois plus tard, le groupe de sécurisation et d’appui a dû intervenir en force chez le couple de Gilly. On y avait en effet signalé une scène de ménage violente avec un coup de feu tiré. "On avait passé la journée à la foire et exagéré un peu avec l’alcool", explique Janique. "Quand nous sommes rentrés, on s’est disputés. Il a pris l’arme à blanc dans le tiroir et m’a mise en joue en disant qu’il allait me tuer. Et quand il l’a déposée, je l’ai saisie. Il a voulu me la reprendre et le coup est parti tout seul. Jean-Pierre a été brûlé à la main."

Bien décidée à poursuivre la relation malgré les violences qu’elle a subies, Janique a tenté de couvrir son compagnon en niant les coups qu’elle a reçus ce jour-là. "J’ai été malade, alors je marque vite. Il m’a serré fort le visage, c’est ce qui explique les hématomes", a-t-elle déclaré avant d’admettre, sur insistance du tribunal, que Jean-Pierre lui avait bien collé quelques gifles.

Le substitut Vervaeren, lui, constate que le prévenu a déjà été condamné deux fois pour violences conjugales. "Il n’a plus droit à un sursis probatoire qui lui permettrait de soigner son alcoolisme. Soit c’est du ferme, soit c’est une peine de travail. Et si l’on opte pour cela, je requiers au moins 500 heures."

Vu le passé de Jean-Pierre et sa tendance à minimiser les faits, le tribunal a finalement opté pour une condamnation ferme à un an de prison. Le prévenu pourra toutefois solliciter un bracelet électronique.