Charleroi Une mesure difficile mais indispensable à l’équilibre financier.

Six mois après son installation, le nouveau conseil d’administration des Lacs de l’Eau d’Heure met en œuvre les premières mesures de son plan de restructuration. Elles ne touchent pas la base, mais le management de l’entreprise : quatre directeurs ont en effet reçu leur préavis, certains à leur demande, comme Ariane Cabaraux, responsable de l’environnement.

"Ces départs ne donnent lieu qu’au paiement des indemnités légales, ni plus ni moins", insiste le président Jean-Jacques Cloquet. Il n’y a plus de parachute doré au sein de l’ASBL, tous leurs bénéficiaires y ont renoncé.

Le directeur financier, sa collègue en charge de la technique, la responsable du personnel sont également licenciés.

Une refonte du management s’impose : c’est en interne que s’opéreront les recrutements, il n’est pas prévu de remplacer les partants. Quant au directeur général Vincent Lemercinier, il est rétrogradé dans une nouvelle fonction. Il s’occupera des relations institutionnelles et de l’optimisation des subsides.

Pour financer ces mesures ainsi que le plan de relance sans fragiliser l’entreprise, l’ASBL des Lacs a négocié un prêt exceptionnel avec le gouvernement wallon. "Nous avons demandé une subvention d’1,25 million remboursable en sept ans sans intérêt", confie Jean-Jacques Cloquet. "Et nous nous engageons au cours des trois années suivantes à réduire la voilure de 300 000 euros par an, ce qui apportera une économie d’un million à la Wallonie." Une opération gagnante donc. Elle a le mérite de pérenniser l’activité et l’emploi d’une des grosses structures touristiques du sud du pays, dans le cadre d’une saine utilisation de l’argent public.

C’est à la suite de la mise à jour d’anomalies et de pratiques douteuses de gestion que le gouvernement wallon a mandaté l’inspection régionale des Finances pour procéder à un audit. Qui les a confirmées. Dans la foulée, un manager de crise a été désigné, un audit externe est toujours en cours afin d’approfondir les contrôles et investigations.

Selon des membres du personnel auquel le président est venu expliquer les mesures radicales de réorganisation lors d’une assemblée générale, le cas du Belvédère a été cité en exemple : cette infrastructure horeca qui accueille des soirées VIP où l’on sabre des dizaines de bouteilles de champagne est en effet louée au prix de mille euros par… an, soit 83 euros par mois. Un montant inférieur au coût de l’assurance à charge de l’ASBL.