Charleroi

Vaisselle cassée, ménage brisé…


Sylvie avait décidé de rompre. Son compagnon n’a pas apprécié, il est revenu. Bagarre. Sylvie est seule en correctionnelle

C’était un jour de carnaval, en février dernier, à Epinois, et ces jours-là sont sacrés. Sylvie se préparait, pimpante, à y prendre part, quand son ex est arrivé.

Ils avaient rompu parce qu’elle avait décidé de le quitter. Il paraît qu’il revenait ainsi régulièrement à l’improviste, sous divers prétextes, et notamment celui de faire visiter la maison qu’ils avaient en commun, et qui était mise en vente. Bref, l’ambiance était à l’aigre.

Sylvie a raconté tout cela, ce couple en déchirures, et ce jour-là où, dit-elle, son ex l’a saisie par les cheveux, l’empêchant d’aller au carnaval, lui enlevant son maquillage en lui frottant le visage sur le sol. Alors, elle a pris une assiette, et l’a envoyée à la tête de ce compagnon devenu un adversaire. Fin de l’épisode. Le lendemain, il revenait récupérer le décodeur de la TV, quelque chose comme un symbole du courant qui ne passait plus entre eux. Et la scène a repris.

Alors, direz-vous, pourquoi comparaît-elle ? Ne s’est-elle pas seulement défendue ? Ce n’est pas l’avis du substitut David Dufrasne, qui a parlé de la « spirale de la violence », avec cet ex frappé si violemment qu’il a été saisi de convulsions avant de perdre connaissance. Et puis, si on évoque souvent (avec raison) les violences faites aux femmes par leur compagnon, il y a aussi l’inverse, et ici, la victime, c’était l’homme.

Me Audrey Fayt, à la défense de Sylvie, a plaidé l’équilibre de torts : quatorze ans de vie commune, deux enfants, pour en arriver là, c’est que Sylvie a eu son lot de violences sans jamais déposer plainte, elle. Et l’ex est insistant, et il revient, et il est jaloux, et il recherche un amant hypothétique, façon vaudeville, jusque dans les armoires. Bref, d’accord, Sylvie a eu tort, mais elle assume, elle regrette, et d’ailleurs, elle a déménagé. Le problème, c’est que l’ex aurait, lui aussi, envisagé de déménager. Pour la suivre ?