Charleroi

Le 24 août 1987, des trombes d’eau se sont abattues sur Gerpinnes et Acoz.

200 sinistrés, des millions de francs belges de dégâts, et 3 personnes noyées, qui n’ont pas réussi à rejoindre l’étage de leur habitation quand la "vague" a déferlé sur l’entité.

Il y a eu 2,5 m d’eau qui ont envahi les rues en l’espace de quelques minutes. "Il avait plu toute la journée sur la vallée, un petit crachin", se souvient Philippe Busine (CDH), devenu aujourd’hui bourgmestre. "Les sols étaient imbibés, alors quand à 17h30 une averse invraisemblable a commencé à tomber pendant 2 heures sur toute la vallée, elle n’a pas été absorbée. Et vers 20h30, alors qu’il avait arrêté de pleuvoir depuis quelques minutes, le ciel a pris un ton bizarre, orange-ocre. Puis toute cette eau a déferlé sur Gerpinnes et Acoz, en contrebas. Le niveau de l’eau dans les rues est monté jusqu’à deux mètres cinquante en 15 minutes. J’étais à Hymiée, je me suis inquiété pour Gerpinnes et Acoz, parce que c’est fort bas là-bas. Je me suis dit qu’il fallait que j’aille voir, mais je n’ai jamais réussi à arriver jusque-là : j’étais dans ma voiture en direction de Gerpinnes, et je n’ai pas réussi à aller plus loin que les ateliers. J’étais coincé, il y avait de l’eau jusqu’au-dessus des garages, avec des voitures, des troncs d’arbres et des poubelles qui étaient emportés par les flots. J’ai fait demi-tour pour aller à Acoz, et je n’ai jamais réussi à dépasser le pont de la tour octavienne : il y avait des énormes vagues qui passaient par-dessus le pont, avec fracas, tout le monde a cru qu’il allait céder."

C’est pour se souvenir de cette soirée tragique que le collège communal a décidé, jeudi soir, soit 30 ans tout pile après la catastrophe, d’organiser des commémorations. Deux plaques, sobres, ont été affichées à la rue Moncheret d’Acoz et au pied de la rue du Moulin à Gerpinnes. Des petits repères de métal seront installés, ensuite, sur divers bâtiments, pour donner une idée d’où montait l’eau.

"Mais il faut aussi se rappeler de l’exceptionnelle solidarité qu’il y a eu durant la nuit et le lendemain. 70 bénévoles sont venus de la base de Florennes avec des engins. Les pompiers, la protection civile, la gendarmerie, la police et des centaines de bénévoles se sont mobilisés. Des Gerpinnois ont organisé des soirées de récolte de fonds pour aider les familles qui avaient tout perdu."

Au total, c’est 135 millions de francs belges (3,4 millions d’euros) qui seront mobilisés pour venir en aide aux habitants.