Charleroi

14 h 10, ce mercredi. Des détonations retentissent dans l’enceinte de l’athénée royal Vauban de Charleroi. Du boulevard Defontaine, les passants entendent les cris d’élèves affolés. "Au secours, ils vont nous tuer", hurle une jeune fille depuis la fenêtre du 1er étage. Deux individus se sont en effet introduits dans l’école. Armés, ils ouvrent le feu sur les adolescents. C’est un massacre de masse, comme on en voit trop souvent aux USA.

Heureusement, l’attaque de Charleroi n’était qu’une simulation organisée par la police locale, la Ville, les pompiers de la zone de secours Hainaut-Est et le Centre régional d’aide médicale urgente (CRAMU). "Un exercice annuel de situation AMOK, à savoir l’intrusion de personnes malveillantes, est obligatoire pour les forces de l’ordre, commente-t-on du côté de la zone de police. Depuis 2010, tous nos hommes sont formés à ce type d’intervention."

Quelques minutes après les premiers coups de feu et quelques lancers de grenades, une dizaine de combis ont déboulé devant l’athénée, bloquant les accès principaux. Arme au poing, les policiers ont encerclé le bâtiment et aidé les premières victimes à sortir par les fenêtres. Le GSA est ensuite entré pour neutraliser assez rapidement les deux assaillants. Le bilan, lourd, avait été programmé pour que tous les services puissent "jouer le jeu". Il a donc fallu évacuer une vingtaine de blessés graves, mais également dix morts. Un poste médical avancé a ainsi été installé au beau milieu du parc Astrid.

"300 intervenants ont été mobilisés pour cet exercice, explique le chef de zone, Philippe Stratsaert. On espère toujours qu’un incident de la sorte ne se produise jamais, néanmoins, la seule façon de réagir de manière professionnelle est de s’y préparer en testant nos procédures."

Parmi les objectifs de cet exercice, les tests ont porté sur l’évacuation des élèves de l’établissement, l’utilisation des techniques de progression AMOK par les policiers intervenants, la communication entre les différents services intervenants et les différentes disciplines, l’établissement d’un Poste médical avancé (PMA) et le tri et l’évacuation des blessés. Divers évaluateurs se trouvaient sur place et ont observé la scène qui a également été filmée afin d’être analysée ultérieurement.

À 17 heures, le calme était revenu sur le boulevard Defontaine…

© fd
© fd
© fd