Charleroi

Plutôt que de leur soumettre un projet déjà quasi bouclé, le collège communal de Fleurus invite les riverains à réfléchir eux-mêmes à l'aménagement des espaces publics de leur quartier.


En cela, la démarche constitue une première. "Dans l'entité, il est prévu de remodeler les lieux de centralité des anciennes communes", explique l'échevin des Travaux PS Loïc D'Haeyer. "Après la place de Lambusart, ce sont celles d'Heppignies et de Wanfercée Baulet que nous voulons entièrement rénover. Et nous nous tournons pour cela d'abord vers notre population." 

Un partenaire exétrieur a été désigné par marché public pour animer des rencontres citoyennes, c'est le bureau d'architecture Startech Management Group. 

  • Pour la place d'Heppignies, une réunion est prévue le mercredi 6 juin à 18h30 à la salle de l'école communale dans la rue Muturnia. 
  • Pour celle de Wanfeercée-Baulet, ce sera le 20 juin à la même heure à l'hôtel de ville, sur la place André Renard. 

"Quand on associe les riverains à l'embellissement de leur cadre de vie, on obtient une adhésion plus forte et un meilleur contrôle social" selon Loïc D'Haeyer. 

Il s'en réfère à l'expérience de Color your city, menée par son département avec le plan de cohésion sociale: "le projet consistait à faire repeindre par des jeunes des abribus de leurs quartiers. Nous en avons redécoré 18 en trois ans, deux seulement ont été tagués alors qu'avant ça arrivait tous les trimestres", constate l'échevin. "Nous pensons que ce sera la même chose pour les places publiques, les riverains vont se les réapproprier." 

De manière générale, les citoyens demandent à être plus et mieux informés. Les consultations de Fleurus vont dans ce sens. 

"Les deux espaces publics sont à repenser dans leur intégralité", selon Loïc D'Haeyer. "Dès que nous aurons l'avis et les attentes de nos concitoyens, nous irons vers les autres acteurs impliqués." A Wanfercée Baulet par exemple où la place Baïaux est traversée par une voirie régionale, il faudra associer le SPW. Plusieurs scénarios de réaménagement serviront de base aux échanges. "Au bout du compte, les choses risquent de prendre plus de temps. Mais pour un résultat plus durable et plus proche des attentes des riverains, ce qui en vaut la peine.

Co-construction

En règle générale, les bureaux d'architecture interviennent pour faire du "service après-vente". L'expérience pilote de Fleurus renverse cette logique. 

Comme l'explique Marcel Barattucci, chef de projet pour Startech Management Group, "il s'agit au contraire d'initier toute la réflexion avec les riverains, dans une démarche de co-construction de l'aménagement de leurs places de village. A Heppignies, nous partirons d'une proposition unique élaborée après des rencontres avec la police et l'échevin de la Mobilité. A Wanfercée Baulet, nous présenterons différents scénarios. Ces variantes permettront d'établir ce qui convient le mieux, ce sera une base de travail." 

Pour éviter que des participants ne soulèvent des problèmes étrangers à l'objet de la réunion, celle-ci n'accueillera aucun responsable politique. "Nous leur avons demandé de rester à l'écart", dit l'architecte. 

Une estimation de coût sera effectuée ultérieurement. Un marché public sera alors lancé pour les auteurs de projet des deux places.