Charleroi

Dimitri, qui comparaît devant le tribunal, a tendance à distribuer des « claques amicales ».

Dimitri s’avance à la barre du tribunal correctionnel de Charleroi et s’y affale comme s’il s’agissait d’un comptoir de bistro. Sermonné par la juge Hermant, il se redresse quelques instants…pour s’avachir de plus belle. On lui reproche trois scènes de coups survenues dans les parages du camping du « Cul du Cheval » à Froidchapelle, là où il réside. Dimitri est en aveux mais semble prendre les faits à la légère, ce qui agace la présidente. Il reconnait ainsi avoir donné un coup de poing à un voisin septuagénaire, sans véritable raison. « La victime avait entendu qu’on faisait de l’esclandre devant chez elle et est sortie sur le pas de sa porte », explique le substitut Lafosse. « Le prévenu était là, ivre, et lui a porté un coup de poing immédiatement sans motif ».

Dimitri s’excuse : « oui, bof, bah, j’ai des problèmes d’alcool ». Et c’est d’ailleurs la boisson qui était au centre de la deuxième scène impliquant une amie à qui il était venue rendre visite pour boire un verre. « Elle m’a fait une scène parce que j’étais avec mon chien. Alors je lui ai mis ue gifle pour la calmer », a précisé l’intéressé.

De chien, il en était également question pour la troisième scène : pensant que le toutou de son voisin avait fécondé sa chienne, il s’est rendu chez lui pour trouver un arrangement « à l’amiable ». Mais la reconnaissance de paternité a tourné au vinaigre : « je lui ai mis une claque amicale et je suis revenu plus tard pour m’excuser », sourit Dimitri.

Pour le parquet, il n’y a pas de quoi rire : « 2015, 2016, 2017 : nous avons droit à notre scène de coups annuelle. Et pour ne pas en connaître cette année, je pense qu’il faut rappeler le prévenu à l’ordre. Son casier judiciaire est déjà bien rempli : cela va des stups au vol avec violence. Cette fois, je requiers un an de prison, à moins qu’il ne sollicite une peine de travail ».

Goguenard, Dimitri répond que la prison, il en a déjà fait quelques années et « qu’il en a un peu assez ». Et sur une éventuelle thérapie, il se gausse à nouveau : « vous croyez que ça changera quelque chose. C’est triste tout ça ».

Finalement, le prévenu a marqué son accord pour effectuer une peine de travail, même s’il s’inquiète des déplacements qui risquent d’être fastidieux depuis Froidchapelle. La juge prendra sa décision dans un mois. F.D.