Charleroi

L'ex-directrice financière volait les enveloppes d'argent liquide


Le jugement de Madame Brigitte K., ex-directrice financière de Gerpinnes, a été rendu ce mardi 19 juin par le tribunal correctionnel de Charleroi.

Elle a été condamnée au civil à 3 ans de prison avec sursis ainsi qu’une amende de 5.500 euros également avec sursis. Dans le côté pénal de l’affaire, l’intéressée est condamnée à rembourser les 615.000 euros.

La directrice financière de l’époque était poursuivie pour le détournement de 614.625 euros en 12 ans au préjudice de la commune de Gerpinnes.

Il était apparu qu’elle détournait l’argent qui transitait en liquide par la commune (cautions, perception de taxes) et qui était collecté dans des enveloppes simplement déposées dans un coffre. Elle n’inscrivait pas ces opérations dans les registres informatiques et supprimait les “rappels” qui devaient être envoyés aux citoyens.

En mars 2016, un habitant de Gerpinnes s’était présenté à l’administration communale pour y récupérer une caution de 50 euros. On avait alors constaté qu’elle n’avait pas été enregistrée, ce qui avait donné lieu à des investigations comptables.

La directrice financière de la commune, Brigitte K., était alors en congés prolongés. Une enquête interne avait permis de constater un important trou dans les finances communales, aujourd’hui estimé à 614.625 euros par l’administration communale. Entendue par le tribunal, Brigitte K. avait reconnu partiellement les faits. “On ne me voulait pas à ce poste. Je le ressentais et je n’en pouvais plus. J’aurais dû tomber en burn out car je ne suis pas une voleuse dans l’âme.”

Aux enquêteurs, la prévenue avait expliqué avoir agi par vengeance, allant jusqu’à brûler les billets ou les jeter dans les égouts. Toutefois, selon le parquet, l’argent avait été utilisé pour les dépenses courantes, mais également pour l’achat de biens immobiliers. “Elle l’a aussi distribué à des proches, notamment aux petits amis de ses filles qui achetaient en quelque sorte leur relation”, expliquait le substitut Marlière, qui rappelait les procédés de dissimulation mis en place par l’ex-receveuse communale. En 2008 notamment, elle avait refusé d’instaurer un système de contrôle interne pourtant demandé par l’échevin des Finances.

De son côté, le bourgmestre réagit

"Après l’annonce du jugement et des sanctions, je pense que le climat au sein de l’administration communale deviendra complètement serein pour de bon.

L’affaire était déjà quelque peu éteinte au sein de nos services. Nos employés ont subi cette contre-publicité et ce n’est pas parce qu’il y a une brebis galeuse que tout le monde doit être logé à la même enseigne. Des employés communaux en ont pleuré.

Nous avons réagi et mis des mesures en place pour éviter que ce genre de mésaventures n’arrive à nouveau. Nous avons placé des terminaux Bancontact dans tous les bureaux et multiplions les contrôles de caisses.

Pour ce qui est de la récupération des sommes détournées, il va tout de même falloir attendre. Cela nous permettrait bien sûr de réaliser pas mal de projets. D’une autre part, il va falloir que les mesures de saisies conservatoires des biens de notre ex-directrice soient levées nous permettant de récupérer une partie de l’argent qui nous est dû mais nous ne sommes pas les seuls à devoir récupérer des sommes. Nous avons toute confiance en notre nouveau directeur financier.”