Charleroi

Eric, qui affirme craindre une 3e guerre mondiale, détenait un petit arsenal chez lui.

Le 2 avril 2017, la police est appelée dans un foyer d'Ham-sur-Heure pour des menaces par arme à feu. Les inspecteurs y découvrent une situation un peu particulière. Le bâtiment est en effet scindé en deux étages : l'un est occupé par Eric, un colosse barbu, et l'autre par son ex-compagne, mère de son fils. La situation est plutôt tendue depuis la séparation, d'autant que le gamin fait sa crise d'adolescence et passe son temps sur la console de jeux, ce qui fait péricliter ses résultats scolaires. Bref, une source de tensions supplémentaires pour ces parents séparés qui vivent sous le même toit.

Ce jour-là, Eric est bien imbibé. Et lorsque son fils refuse de lui servir deux pêches Melbush supplémentaires, il lance un ultimatum : « A 17h30, si je ne les ai pas, ça va chauffer ». Le compte à rebours écoulé, Eric se rend à la cave et remonte un pistolet qu'il charge devant son fils et l'enfant de son ex. « Je ne les ai pas menacés directement », s'est-il expliqué ce jeudi à l'audience du tribunal correctionnel de Charleroi. « Je visais la télé. Mon gamin ne faisait que jouer aux jeux vidéos. J'ai tout essayé pour l'en empêcher ».

Et visiblement, les résultats scolaires de son fils ont le don de l'énerver passablement. Lorsque le garnement est rentré avec un bulletin exécrable, Eric est sorti se calmer...en tirant avec l'une de ses armes à feu sur une vieille TV. A deux reprises, la police est intervenue chez lui pour saisir le petit arsenal qu'il s'était constitué, craignant, selon ses dires, une troisième guerre mondiale... « Les inspecteurs étaient passés à côté de certaines cachettes la première fois, mais son ex-compagne les a aidés lors de la deuxième visite domiciliaire », explique Me Vanardois qui s'est constituée partie civile pour les mineurs menacés par Eric. « Le prévenu reproche à cette dernière d'avoir permis la saisie de ses armes. Il lui a même dit que s'il ne les récupérait pas, il la tuerait ».

Le parquet a énuméré le nombre d'armes saisies, en rappelant la législation complexe en la matière, pour requérir au final une peine de 8 mois de prison pour la détention illégale et un mois pour les menaces, avec un sursis probatoire éventuel. « Nous sommes ici face à un drame social », explique Me Jaumain, conseil d'Eric. « Ce n'est pas un mauvais bougre mais il était à l'époque confronté à des problèmes de consommation d'alcool, de cannabis et de médicaments. A côté de cela, il y avait cette ambiance malsaine de cohabitation avec son ex-femme. Il a depuis fait des démarches pour se soigner et à l'heure actuelle, le bâtiment est en vente, ce qui mettra fin définitivement à tous les problèmes. Bien sûr, il regrette que ses armes ont été saisies, mais il accepte d'en faire abandon volontaire. Ce sera mieux pour tout le monde ». Au terme de sa plaidoirie, Me Jaumain a sollicité une suspension simple du prononcé. Jugement le 11 octobre.