Charleroi

Benoit a vu rouge lorsque Latifa l'a quitté.


Le 17 décembre 2016, Benoit est tombé des nues lorsque Latifa lui a dit qu'elle le quittait. Et ayant appris qu'elle s'était rendue à une soirée en revendiquant son statut de célibataire, son sang n'a fait qu'un tour : il s'est rendu là où elle était hébergée et a tambouriné à la porte. Pour éviter l'esclandre, la jeune femme a accepté de le suivre et a grimpé dans sa voiture. « Il l'a frappée à une vingtaine de reprises », explique le parquet de Charleroi qui poursuit Benoit pour coups, menaces, séquestration, attentat à la pudeur et traitements dégradants. Rien que ça... « Il a fait usage d'un coup de poing américain mais ne l'a touchée qu'une seule fois avec, à la cuisse. Lorsqu'elle a voulu s'enfuir, il l'a rattrapée par les cheveux. Et cette fois, il lui a enlevé tous ses vêtements pour lé dénuder complètement, avant de la proposer aux hommes qui passaient. Il a voulu l'avilir, ce qui justifie la prévention de traitements dégradants ».

Pour le substitut Bouilliez, les faits sont graves et les antécédents (anciens) du prévenu doivent mener à une peine de 3 ans de prison, d'autant qu'il n'a pas respecté les mesures alternatives à la détention préventive.

Face au juge, Benoit a fait son mea culpa. « J'ai vu rouge et je le regrette. Je m'étais investi à fond dans cette relation. Ca n'excuse rien mais je venais de perdre mon boulot chez Caterpillar et mon papa. On venait aussi de diagnostiquer un cancer chez ma maman », a reconnu le prévenu qui conteste toutefois avoir « proposé » Latifa à des inconnus.

Son avocate ajoute d'ailleurs que la victime a pu forcer le trait sur certains détails, comme le nombre de coups portés ou les cheveux arrachés. « Le labo n'a rien retrouvé dans la voiture », a précisé le conseil de Benoit qui a sollicité l'acquittement pour les traitements dégradants et le sursis probatoire pour le reste. Jugement le 3 octobre.