Charleroi

Depuis que ses parents étaient en instance de divorce, Marwan Yahiaoui nourrissait de la colère envers son papa Ahmed. Le jeune homme de 21 ans lui attribuait le désastre du couple et la vente future de la maison familiale de Farciennes, celle où il avait grandi. Ahmed Yahiaoui avait retrouvé un logement à Couillet et les contacts avec son fils étaient rares. Du moins jusqu’à la mi-décembre, lorsque Marwan et son père ont accepté de se revoir pour « discuter ».

Le 23, on s’est donné rendez-vous et on a parlé. Et le ton est monté, des coups ont été échangés, explique Marwan, le seul aujourd’hui à pouvoir donner sa version des faits. Et il a eu le dessus, se laissant emporter par la colère au point d’étrangler son propre père. A ce stade, aucun élément n’indique une quelconque préméditation. C’est cette impréparation qui a permis aux enquêteurs de confondre le jeune homme qui, dans l’empressement, a voulu faire disparaître le corps afin de faire croire à une disparition. Muni d’une pelle, il s’est donc rendu dans un bosquet longeant la Nationale 568 à Farciennes pour y enterrer Ahmed.

Les jours passant, certains se sont inquiétés de la disparition d’Ahmed Yahiaoui au point d’appeler la police qui a lancé les devoirs classiques d’investigation. Le portable de l’intéressé étant éteint, il n’ a pas été possible de le localiser. En revanche, les déclarations de Marwan ne coïncidaient pas avec ses SMS. Il affirmait ne plus avoir eu de contacts avec son père, ce que ses messages (effacés mais récupérés par la Computer Crime Unit) démentaient.

Face à ces éléments, et après plusieurs interrogatoires, le jeune homme a fini par craquer. Le 29 décembre, il a conduit les enquêteurs à la sépulture de fortune, ce qui a permis de déterrer le corps d’Ahmed Yahiaoui.

Placé sous mandat d’arrêt pour parricide, Marwan a comparu ce mercredi devant la chambre du conseil de Charleroi. Son avocat, Me Régis Brocca, n’a rien demandé à ce stade. Le rapport d’autopsie est toujours attendu.