Charleroi Placé depuis l’âge de 8 mois, Jason a connu un parcours chaotique.


Jason est devenu majeur en mai dernier. Mais le jeune homme n’aura pas vraiment eu le temps de profiter de son statut d’adulte puisque le 20 juin, un juge d’instruction de Charleroi l’a placé sous mandat d’arrêt pour une extorsion avec violence.

La veille, il errait dans les rues de Manage, le nez encore poudré de cocaïne. À la vue de Gabriella, une passante, il n’a pas hésité et a tenté de lui arracher son sac à main. La victime a tenté de résister mais Jason a exhibé un couteau pour menacer cette dernière. Des témoins ont toutefois assisté à la scène et il n’a pas fallu longtemps pour que la police de Mariemont alpague le délinquant.

Déféré devant le tribunal correctionnel de Charleroi avec les menottes aux poings, Jason a fait profil bas au point que la juge lui a demandé de hausser la voix. "C’était seulement la troisième fois que je prenais de la coke. Sans ça, je n’aurais sans doute pas commis cette agression", a-t-il murmuré.

Du côté de la partie civile, Me Signor a rappelé que la victime avait été fortement choquée et qu’elle n’osait plus sortir de chez elle depuis les faits.

Le substitut Bouilliez, lui, a requis une peine de 18 mois de prison, vu la gravité des faits, mais avec un sursis probatoire pour ce qui excède la détention préventive, vu le très jeune âge du prévenu.

Me Inglese, conseil de Jason, a rappelé le parcours chaotique de son client, placé dès l’âge de 8 mois et qui n’a connu que des allers-retours entre les familles d’accueil et les centres. "Une suspension probatoire, assortie de conditions strictes, lui permettrait d’enfin se faire une place dans la société, d’avoir un logement et de trouver un travail. La prison a servi d’électrochoc : il est bien décidé à se prendre en mains", a-t-elle plaidé.

Un souci subsiste : Jason n’a pas de domicile et ne recevra donc pas les convocations de la maison de Justice. Il devra donc, si le tribunal lui accorde les mesures de faveur, élire domicile au sein du cabinet de son avocate.

Jugement le 30 juillet.