Charleroi Le mari violent a pris 40 mois de prison ferme.


Soner a comparu détenu devant le tribunal correctionnel de Charleroi pour trois scènes précises de violences conjugales. Avec Bedia, il est en couple depuis 14 ans. Mais ces derniers mois, il y avait manifestement de l’eau dans le gaz entre les époux.

En mars, Bedia est venue déposer plainte. Elle s’était rendue à la marbrerie où travaille Soner, sans doute pour vérifier qu’il ne batifolait pas ailleurs. "C’est un lieu dangereux, elle ne devait pas être là", s’est-il justifié. "On s’est disputés et je l’ai giflée." La victime, elle, parle plutôt d’un coup de poing… Entendu par la police, Soner a finalement été relaxé. "Comme c’était la première fois, on a pu croire à un dérapage ponctuel", a précisé le parquet tout en réclament 2 ans de prison avec un sursis probatoire éventuel. "Mais un mois plus tard, une nouvelle plainte a été déposée. Le prévenu avait frappé sa femme car elle était enceinte et ne voulait pas s’alimenter. Cherchez à comprendre sa logique… On a également appris que, quinze jours plus tôt, il l’avait plaquée au sol pour lui tordre le bras et la mordre. Elle déclare également qu’il s’est assis sur son ventre, sachant qu’elle était enceinte. Est-ce cela qui a provoqué la fausse couche ? Toujours est-il que cette dame a perdu les jumeaux qu’elle attendait."

Soner, lui, reconnaît uniquement une gifle à la marbrerie et explique avoir simplement "retenu le bras" de Bedia. Mais il nie s’être assis sur le ventre de sa femme. "Il a appris la nouvelle de la fausse couche en prison et il a tenté de suicider en avalant des médicaments", a répondu Me Turk, son avocat. "J’ai voulu demander le divorce en Belgique mais ça n’a pas fonctionné, alors je me suis rendu en Turquie pour faire les démarches", ajoute Soner. "Finalement, on a voulu se donner une nouvelle chance en s’installant dans notre pays natal. Les enfants sont partis avant nous car il nous restait des démarches notariales à faire."

Mais au sursis probatoire plaidé par la défense, le tribunal a préféré une peine ferme de 40 mois, vu les tentatives de minimisation du prévenu et le risque de récidive vu sa propension à "adapter" la vérité à son avantage.