Charleroi "Elle rackettait aussi mon grand-père", clame Salvatore.


Le 19 mai 2018, Jennifer s’enfuit de chez elle pour se réfugier chez une voisine. Des hématomes sur tout le corps et un œil au beurre noir : aucun doute, elle a subi des violences conjugales. La voisine le sait, car ce n’est pas la première fois que Jennifer arrive dans un tel état. Cette fois, elle l’encourage à porter plainte contre Salvatore, son compagnon.

La police interroge ce dernier qui s’explique : "Elle allaitait notre bébé alors qu’elle fumait de la coke. J’avais aussi appris qu’elle rackettait mon grand-père. Ça m’a énervé et je lui ai collé une claque. Elle s’est cognée contre la cheminée. Les rougeurs au poignet ? C’est parce que je me suis mis sur elle pour l’empêcher de me frapper. Je voulais la calmer afin qu’on discute."

Déféré devant le tribunal, Salvatore comparaît pour une scène précédente, survenue en décembre 2017. Selon Jennifer, il l’a giflée, étranglée et lui a claqué la tête au sol trois fois, jusqu’à ce qu’elle perde connaissance. "Elle avait un couteau et voulait me planter. Je lui ai mis une gifle pour l’arrêter", se défend-il. Mais pour le parquet, c’était récurrent. "Il continue à considérer que ces violences se justifient. Je n’ai entendu aucun regret", a déploré le substitut Verbrigghe, qui pointe un antécédent spécifique et requiert une peine de prison ferme.

Me Bastianelli, conseil du prévenu, a relevé la toxicomanie et les soucis financiers pour expliquer, du moins en partie, l’énervement de son client, sans justifier ses actes. Une peine de probation autonome pourrait le sanctionner adéquatement. L’une des conditions serait de ne plus entrer en contact avec son ex. "De toute façon, je ne veux plus la voir", a conclu Salvatore. Jugement le 30 juillet.