Charleroi Quatre ans de prison avec sursis pour Geoffrey, qui frappait sa petite amie.


Stephy était encore adolescente lorsqu’elle a rencontré Geoffrey, plus vieux d’une dizaine d’années. Cet écart d’âge s’est ressenti dans leur relation : il avait l’ascendant sur elle en permanence et n’hésitait pas à user de la force pour imposer sa loi. Sauf que Geoffrey est allé trop loin et qu’il s’est retrouvé devant le tribunal, menottes aux poings, à répondre de deux scènes particulièrement crapuleuses.

La première s’est déroulée à Carnières en 2016. Alors qu’il se trouvait au lit avec Stephy, Geoffrey est monté dans les tours parce que cette dernière ne pouvait lui offrir de cigarettes. Après l’avoir giflée, il s’est empressé de démolir tout ce qui se trouvait dans la pièce. C’est finalement sa propre mère qui a appelé la police, dont l’intervention a fini par ramener le calme.

Admonesté, Geoffrey ne s’est pas pour autant posé de questions sur son comportement. "Il y a depuis le début une chape de plomb sur cette relation" , a expliqué Me Ureel, conseil de Stephy. "Il profite de sa jeunesse pour la maintenir sous son emprise et exercer sa domination. Je suis persuadé qu’il y a eu d’autres scènes dont on ne parle pas aujourd’hui. Dans la famille, tout le monde avait remarqué ses hématomes."

Le 25 décembre 2017, ces violences conjugales ont atteint leur paroxysme. "Elle fêtait Noël dans sa famille et il est arrivé pour récupérer sa chose" , a enchaîné l’avocat de Stephy. "Les deux coups de poing sont partis, à gauche, puis à droite. Il lui a fracturé la mâchoire en trois. On a dû l’opérer en urgence pour lui mettre des plaques dans le visage. Chaque hiver, ça la fait souffrir et elle les gardera toute sa vie."

Au parquet, la substitute Cottin explique que Stephy avait évoqué "une chute dans les escaliers", ce qui n’a pas convaincu les urgentistes, qui ont pu lui faire avouer ce qu’elle subissait. "Il a déjà été condamné en 2011 pour des faits similaires. Il n’y a aucune remise en question. Je requiers une peine de prison ferme, entre deux et cinq ans", a conclu la magistrate.

Me Poisson , conseil de Geoffrey, a quant à lui évoqué les problèmes d’alcool, conjugués à la prise de médicaments, pour expliquer les crises de colère de son client. "Il doit se faire soigner et cela passe par un sursis probatoire" , a souligné l’avocat.

Le tribunal a effectivement décidé de lui accorder un sursis probatoire sur une peine de quatre ans de prison.