Charleroi

Les travaux auraient dû commencer hier, sur le site de Carsid, Porte Ouest. Il fait l’objet d’un plan de réaménagement de la centaine d’hectares qui le composent : nettoyé en profondeur, décapé, il doit ensuite recevoir d’autres destinations, variables selon la nature du sol et les dommages qu’il a subis.

Cela suppose-t-il de tout raser ? Non, pour un groupe de défense qui a tenu symboliquement sa première réunion au Bois du Cazier, témoin des possibilités de rénovation d’un site et de sa reconversion.

Ce groupe veut la sauvegarde du haut-fourneau 4, le titan de Carsid. Jean-Louis Delaet, le directeur du Bois du Cazier, a présenté les grandes lignes de cet objectif de sauvegarde, en rappelant ce que fut la sidérurgie carolo. Le haut-fourneau 4, né en 1963, est le dernier de la forêt des 21 qui firent le décor et nourrirent la vie économique de Charleroi.

Peut-on, au nom de ce qu’il a représenté, limiter son avenir à une disparition totale à brève échéance ? Lundi, pour en parler, ils étaient près de 80 au Cazier, à s’entendre expliquer que des mesures de sauvegarde et de reconversion ont été menées avec succès ailleurs, dans d’autres bassins sidérurgiques, en Allemagne, au Grand-Duché ou en Lorraine.

Pourquoi pas ici ? Et pourquoi se limiter au seul haut-fourneau, a renchéri le photographe Gilles Durvaux, en imaginant d’autres pistes pour d’autres visages sidérurgiques de la région de Charleroi.

Là encore, au-delà de la seule conservation, il a mis en lumière les reconversions réussies ailleurs, redonnant vie à des structures abandonnées, des halls transformés, d’autres bâtiments autour desquels se sont parfois reconstruits des quartiers entiers, verdurés et sillonnés de rues. Des idées, des possibilités, des rêves peut-être réalisables mais qui iraient bien au-delà du seul haut-fourneau.

Le comité mis en place s’est assigné une première tâche urgente : demander à la Région l’inscription du haut-fourneau sur une liste de sauvegarde empêchant sa démolition.

C’est qu’il faut aller vite. Les travaux qu’on attendait hier sont retardés, sans plus, et les accords semblent bien scellés entre la Région et Duferco pour l’aménagement de tout le site à hauteur de 130 millions. C’est dire s’il est grand temps de présenter un dossier argumenté qui permette, si possible, de renverser au moins partiellement la valeur.