Charleroi

Mais aussi des couches pour bébé et des décorations de Noël.


Si aucune partie civile ne s'est présentée à l'audience pour réclamer des dommages, ce n'est pas pour autant que les vols reprochés à Lidya et son frère Sébastien sont bénins. Au contraire, ces chapardages à l'étalage gangrènent le petit commerce, causant un préjudice important aux enseignes qui doivent souvent engager des gardes de sécurité.

Les prévenus qui comparaissaient ce lundi devant le tribunal correctionnel de Charleroi se voyaient reprocher une dizaine de faits, commis entre mars et octobre 2016. Avec deux complices de la famille, dont un petit frère mineur, ces gens du voyage sédentarisés ont écumé les magasins de vêtements de la région. H&M, E5Mode, Zara, Orchestra, Carrefour Market ou encore Cora : toutes les chaînes y sont passées. Deux ou trois pulls par ici, une robe par là, des couches pour bébé et même des décorations de Noël ont composé le butin qui avoisinait quelques centaines d'euros à chaque fois. « Lidya se chargeait d'arracher les antivols dans les cabines d'essayage pendant que les deux jeunes distrayaient les vendeurs. Et quand ceux-ci se rendaient compte du stratagème, l'alerte était donnée par GSM », explique la substitute Van Hollebeke. « La police a fini par intercepter un véhicule plein à craquer de vêtements volés. Et les enquêteurs ont retracé le parcours des quatre suspects grâce aux caméras de surveillance des magasins. Lidya a livré des explications les plus farfelues. Et Sébastien affirme qu'il attendait dans la voiture, mais qu'il n'était pas au courant que sa soeur volait, ce qui n'est pas du tout crédible ».

A l'audience, Lidya a enfin reconnu les faits. « J'ai une fille handicapée qui doit subir une opération au cerveau. Je m'occupe d'elle à temps plein et financièrement, ce n'est pas la joie », s'est-elle excusée. « Pour les couches pour bébé, je pourrais comprendre. Mais 500 euros de vêtements, ça ne va pas ! La Belgique est un pays civilisé qui aide les gens en difficultés. Il y a des banques alimentaires et des bourses aux vêtements... »

A la défense, Me Puccini a plaidé la suspension du prononcé pour Lidya, vu son jeune âge et le fait qu'elle s'occupe de sa fille malade. Pour Sébastien, il a sollicité l'acquittement, même si ses dénégations semblent farfelues...