Charleroi Anthony est soupçonné d’avoir bouté le feu chez sa voisine.

Lorsqu’en 2014 un incendie se déclare dans une habitation de la cité Verte à Gozée, il s’en faut de peu pour que l’occupante et sa petite-fille qui dorment à l’étage ne périssent dans les flammes. Les victimes, finalement, s’en sortent avec une légère intoxication mais les conclusions de l’expert sont éloquentes : le feu a été bouté avec des journaux placés dans une armoire.

L’enquête ne permet pas immédiatement d’identifier l’auteur mais, un mois après les faits, Anthony D., le voisin des victimes, se présente au commissariat. "Je ne peux pas accepter qu’une fillette et sa maman aient failli mourir", déclare-t-il… avant de dénoncer Mylène et Jordy, chez qui il se trouvait le soir des faits.

Des vérifications sont effectuées et, rapidement, Jordy est disculpé. Au moment de l’incendie, il jouait à la Playstation en ligne avec des copains. "Et justement, via Skype, l’un d’eux a entendu Anthony déclarer qu’il allait mettre le feu chez la voisine, lance la substitute Marr. Il a même dit qu’il allait montrer qu’il était un bon incendiaire après avoir réclamé des gazettes."

Anthony a depuis lors revu sa copie. Oui, dit-il, il est bien rentré chez sa voisine avec Mylène, mais uniquement pour y voler de la nourriture. "Je suis parti en premier avec les sacs. Je ne savais pas qu’elle allait mettre le feu. Elle s’est fait passer pour folle et, aujourd’hui, elle est libre tandis que moi, j’ai pris six ans de prison."

Faisant opposition à ce jugement, Me Baudart a sollicité l’acquittement pour l’incendie. "Dans cette cité, tout le monde s’est rejeté la balle. Plusieurs personnes ont été soupçonnées et ont obtenu le non-lieu", a précisé l’avocate qui concède que, pour le vol de nourriture, une peine de travail permettrait à son client d’arrêter de zoner et de passer ses journées sur la Playstation.

Du côté du parquet, en revanche, on requiert la confirmation des 6 ans de prison.