Charleroi

Le Centre scolaire de Jumet a visité les camps de concentration de Neuengamme et Bergen-Belsen.

Les “jours blancs”, entre la fin des examens et les vacances scolaires, sont souvent synonymes de vacuité et d’ennui, tant pour les élèves que pour leurs professeurs. La Province de Hainaut a toutefois décidé de mettre ces journées à profit pour contribuer au devoir de Mémoire, à savoir la visite de deux camps de concentration.

Depuis 2013, Hainaut Mémoire met à disposition une cinquantaine de places. Trente jeunes qui suivent une formation pour devenir animateurs en centre de vacances (Écoles de Cadres). “Ils viennent de manière tout à fait volontaire, il n’y a aucune obligation”, explique Michel Descamps, coordinateur du projet. “Durant l’année, nous allons leur exposer le voyage en leur demandant de nous rédiger une lettre de motivation. Treize élèves du centre scolaire Saint-Joseph Notre-Dame de Jumet et 8 jeunes en décrochage scolaire issus du service Sens-Sas ont complété l’équipe. Cette année, nous avons suggéré Neuengamme, près de Hambourg, pour une raison qui me tenait à cœur car c’est le camp où a été déporté Alex, mon grand-père, à l’âge de 23 ans. C’est aussi un lieu symbolique pour la Belgique car, après Auschwitz-Birkenau, c’est le camp le plus meurtrier au niveau de la déportation belge.”

La visite s’est poursuivie quelques kilomètres plus loin au camp de Bergen-Belsen, où, notamment, Anne Frank et sa sœur Margot sont décédées du typhus. Et le voyage s’est terminé par une visite de la baie de Lübeck, en bord de mer Baltique, où a eu lieu la plus grande catastrophe maritime mondiale, le 3 mai 1945 lorsque l’aviation britannique a bombardé des navires civils remplis de déportés en pensant qu’il s’agissait de soldats allemands. Au total, 7.000 détenus, de 24 nationalités différentes, dont de nombreux Belges, furent tués au cours de ce raid aérien.

Pour Corentin, du centre scolaire de Jumet, la participation à cette excursion n’était pas motivée uniquement par le plaisir du voyage, mais également par le devoir mémoriel. “Les derniers témoins directs vont disparaître et ne pourront plus raconter leur histoire. Pour qu’elle continue à exister, que l’on connaisse notre passé, il faut que l’on prenne le relai. Chacun peut jouer un rôle, faire une allusion à ce qui s’est réellement passé, faire réfléchir les gens à qui on parle.”