Charleroi C’est un informateur de la police qui a mis la puce à l’oreille des enquêteurs carolos : Khalifa G., déjà condamné pour trafic de stups, avait, dit-on, repris ses activités pour vendre de la cocaïne en grandes quantités. 

Des écoutes téléphoniques ont donc été mises en place et des vérifications ont été réalisées au BSCA, ce qui a confirmé les nombreux déplacements à l’étranger de l’intéressé, notamment vers Amsterdam. « Ses conversations téléphoniques sont éloquentes, même si le prévenu prend des précautions oratoires », a précisé le substitut Lafosse, devant le tribunal correctionnel de Charleroi. « Il parle de truc ou de chose à écouler. De 110 pour 2,5. Quand il part à l’étranger, il laisse son GSM à Nabil M., à qui il offre en échange l’hébergement dans son appartement de la rue Ernest Charles à Marcinelle. Certains toxicomanes parlent de lui comme son larbin ». 
 
Les perquisitions, menées en décembre 2017, ont abouti à l’arrestation des deux suspects, ainsi qu’à la saisie de 26 grammes de cocaïne et d’une balance de précision. Pour le parquet, il ne fait aucun doute que Khalifa était le dirigeant de ce trafic : « Il fixe les tarifs, permet des réductions, constitue les stocks et contrôle quotidiennement Nabil, qui travaille pour lui. Dans l’une des conversations téléphoniques, il précise même à son interlocuteur qu’il vient d’écouler un kilo et qu’il peut donc prendre un mois de vacances. Vu ses antécédents spécifiques, je requiers 6 ans de prison ferme et 2 ans pour Nabil, qui n’a vendu que durant dix mois ». 
 
Marchant sur des oeufs vu les éléments du dossier, l’avocat de Khalifa a plaidé l’acquittement du bout des lèvres. « Après sa première condamnation, il a fait l’objet d’un ordre de quitter le territoire et s’est rendu en Espagne. Il n’est revenu en Belgique que pour acheter des voitures d’occasion. Nabil, c’est un ami de longue date qu’il a connu en Tunisie. Il ne faisait que lui rendre visite », a déclaré l’avocat. 

Me Buffa, conseil dudit Nabil, a pour sa part sollicité le sursis probatoire, lui qui a reconnu travailler à contrecoeur pour Khalifa avant de revenir sur ses aveux. Par peur des représailles…