Charleroi Le temps presse : Jean-Jacques Cloquet quitte l’entreprise en janvier.


Dès ce lundi, le président de BSCA a pris des dispositions pour pourvoir au remplacement du directeur général Jean-Jacques Cloquet. Laurent Leveque a en effet prévu de réunir le comité de direction de l’aéroport ce mercredi. "J’y proposerai la tenue d’un conseil d’administration extraordinaire à bref délai", confie-t-il. "À titre personnel, je pense qu’il faudra relancer un appel à candidatures pour le poste qui sera vacant dès le 1er janvier." Pas de promotion en interne cette fois ? L’option n’est pas exclue : "Nous recherchons une personne avec des capacités de gestion, de négociation et le sens des relations humaines et sociales comme les avait notre CEO." Pas un pur financier donc.

On le sait : dans le cadre de son décret gouvernance, la Wallonie a plafonné à 245.000 euros annuels indexés (NdlR : soit quelque 255.000 brut) les salaires des managers de ses entreprises publiques, hors véhicule de fonction et assurances groupe. Pour le président également à la tête du comité de direction, les actionnaires privés du groupe italien Save ne devraient plus bloquer la procédure de recrutement comme en 2011. "Le contexte et les conditions ont changé." Extension de l’aéogare et ouverture du T2, accueil de nouvelles compagnies avec un doublement du nombre de passagers, développement des activités d’aviation civile et de petit cargo, et surtout, paix sociale quasi ininterrompue sur fond de croissance du personnel (550 travailleurs sur le payroll et près de 3.000 sur le site) : "Le bilan de sa gestion à la tête de BSCA est largement positif", selon le président.

Le temps qui lui reste à l’aéroport sera consacré à la préparation des gros chantiers d’expansion : l’allongement de la piste et le master plan pour l’agrandissement de l’infrastructure, dont l’étude sera lancée avant son départ.

Cloquet : les hauts et les bas, il connaît

L’an passé, son management de contact a valu à Jean-Jacques Cloquet le titre de CEO HR minded de l’année : un jury d’experts en ressources humaines l’a salué pour sa "fibre sociale". BSCA va lui manquer. Comme il manquera à tous les travailleurs et partenaires avec lesquels il est en relation chaque jour. C’est en 2007 qu’il rejoint l’entreprise, d’abord comme employé puis comme directeur commercial en charge des RH. S’il ne connaît rien au transport aérien, il va apprendre vite, et s’imposer comme DG faisant fonction avant de devenir CEO.

Voici 10 ans, il sort d’une double expérience professionnelle pénible, d’abord au sporting de Charleroi où Abbas Bayat l’a embauché comme manager du club, puis à la société de logements La Carolorégienne dont il est licencié, officiellement pour "surqualification".

Les hauts et les bas, il connaît : la vie de Jean-Jacques Cloquet ressemble à une montagne russe. C’est en 1978 qu’il connaît la première grande émotion de sa vie, avec sa sélection au Sporting pour la finale de la Coupe de Belgique face à Beveren. Son histoire d’amour avec le foot va s’arrêter en 85 : victime d’une blessure grave alors qu’il évolue sous le dossard de La Louvière, il doit renoncer à son sport. Définitivement. Mais il a des ressources : ses études d’ingénieur civil lui ont permis d’intégrer le groupe Solvay où en 96, il prend la direction opérationnelle du service polymères pour le Benelux avant d’être nommé manager pour l’Europe de la joint-venture SolVin avec BASF.